Conflits

Violences sexuelles contre les Palestiniens en détention : Nicholas Kristof brise le silence dans le New York Times

Dans une tribune publiée ce 11 mai 2026 dans le New York Times, le chroniqueur Nicholas Kristof brise un tabou : celui des violences sexuelles systématiques infligées aux Palestiniens — hommes, femmes et enfants — par des soldats, colons, interrogateurs du Shin Bet et gardiens de prison israéliens. Alors que les exactions du Hamas le 7 octobre 2023 (parfois fondées sur des fake news, comme l’histoire démentie des bébés brûlés dans des fours) avaient suscité une volée de condamnations unanimes, de Donald Trump à Joe Biden en passant par Benjamin Netanyahou, les mêmes voix se taisent aujourd’hui devant les témoignages accablants recueillis par Kristof.

mise à jour le 12/05/26

Nicholas Kristof lève le voile sur l’indicible : en Israël, le viol des Palestiniens est devenu une procédure administrative.

Des pratiques devenues banales

Fort de 14 entretiens avec des victimes, leurs proches, avocats et travailleurs sociaux, le journaliste dresse dans son article un tableau glaçant : viols, tentatives de viol, attouchements, humiliations et tortures sexuelles constituent une réalité récurrente dans les prisons israéliennes. Si aucune preuve n’atteste d’ordres directs émanant des dirigeants israéliens, les récits et rapports convergent vers une conclusion implacable : ces actes, qualifiés de « procédure standard » dans un rapport de l’Onu de 2025, s’inscrivent dans une politique d’État organisée, selon l’Euro-Med Human Rights Monitor.

Témoignages insoutenables

Les récits recueillis par Nicholas Kristof défient l’entendement.

. Sami al-Sai, journaliste freelance de 46 ans, décrit son arrestation en 2024 : des gardiens l’ont plaqué au sol, baissé son pantalon, puis tenté d’introduire un bâton en caoutchouc, puis une carotte, dans son anus. Une gardienne aurait ensuite serré ses organes génitaux jusqu’à lui arracher des hurlements.
. Une femme de 42 ans raconte avoir été enchaînée nue à une table métallique, violée pendant deux jours par des soldats qui filmaient les actes.
. Un agriculteur en détention administrative évoque des viols répétés avec un bâton métallique, des saignements abondants, et des coups après avoir tenté de porter plainte.

D’autres cas mentionnent l’usage de détecteurs de métaux pour frapper les parties génitales, des testicules attachés ou tirés, des coups répétés sur les organes sexuels (parfois jusqu’à l’amputation), et même des chiens dressés à agresser sexuellement des détenus.

Une violence sans limite

Les femmes jeunes ne sont pas épargnées : une détenue de 23 ans évoque des fouilles à nu et des menaces de viol. Quant aux enfants, un sondage de Save the Children révèle que plus de la moitié des 12-17 ans ayant été détenus déclarent avoir été témoins ou victimes de violences sexuelles. Parmi les 59 journalistes palestiniens libérés interrogés par le Committee to Protect Journalists, 3 % affirment avoir été violés et 29 % avoir subi d’autres formes d’agressions sexuelles.

Des chiffres accablants

Depuis le 7 octobre 2023, près de 20 000 Palestiniens ont été détenus en Cisjordanie. Plus de 9 000 croupissent encore en prison ce mois-ci, souvent en détention administrative — sans inculpation, sans avocat, sans visite du Comité international de la Croix-Rouge.



Le déni israélien

Face à ces accusations, le gouvernement israélien se retranche derrière un déni catégorique, qualifiant parfois ces allégations de « blood libel » (calomnie sanglante). Le service pénitentiaire assure examiner les plaintes, mais se garde bien de communiquer le moindre chiffre sur d’éventuelles sanctions.

Un appel à la conscience collective

Nicholas Kristof conclut avec une évidence qui devrait être universelle : « Quelle que soit notre position sur le conflit au Moyen-Orient, nous devrions pouvoir nous unir pour condamner le viol. » Pourtant, le silence persiste, étouffé par la honte, les menaces de représailles, et l’hypocrisie d’un Occident qui finance en partie l’appareil sécuritaire israélien tout en fermant les yeux sur ses excès. Son article, étayé par des témoignages de terrain et des rapports d’organisations internationales, rappelle une vérité dérangeante : l’impunité des violences sexuelles en temps de conflit reste la norme.

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