Économie

Une usine de plastique dans l’Ain stoppe sa production face à la flambée des prix du pétrole

L’usine Utz France, spécialisée dans les équipements de manutention en plastique (bacs, palettes, caisses), a décrété une pause d’une semaine. Décision collective, dit-on, pour limiter la casse alors que le prix des matières premières a doublé en un mois – conséquence directe du conflit au Moyen-Orient et de l’explosion des cours du pétrole. Rien de tel qu’une aventure impériale pour réveiller les vertus du chômage technique.

mise à jour le 15/04/26

L’impérialisme US offre aux salariés d’Utz des congés sans solde très géopolitiques.

Un patron qui joue les pompiers de service

« On a préféré organiser les congés restants et fermer. Une dizaine de personnes resteront pour la maintenance », explique Fabrice Bachelier, directeur général d’Utz France, dans un reportage BFM TV. Traduction : les ouvriers iront profiter du grand air pendant que Trump, piégé par son propre bluff, menace de noyer l’économie mondiale.

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La Plastics Vallée sous perfusion géopolitique

L’entreprise, implantée à Saint-Vulbas au cœur de la Plastics Vallée (Oyonnax), emploie plus de quatre-vingt salariés. Les commandes se raréfient, les coûts explosent. Les granulés de plastique – naphta et autres dérivés du pétrole – ont doublé en un mois. Le chiffre d’affaires s’effondre. Rien d’étonnant : quand l’Oncle Sam joue au pompier pyromane au Moyen-Orient, les PME françaises trinquent.

Des salariés entre résignation et nuit blanches

Jordan Leonora, coordinateur de quai, avoue que « c’est compliqué à gérer ». Le patron, ajoute, la voix fatiguée : « Peu de commandes jusqu’en juin. La suite dépend du conflit. Les nuits sont difficiles, je ne vous le cache pas. On espère que tout sera réglé au retour des vacances, mais je reste dubitatif. » Dubitatif, le mot est élégant. On aurait pu dire : épuisé par une guerre qui n’est pas la sienne.

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Des licenciements en embuscade

Fabrice Bachelier ne cache plus rien : « Il y aura des licenciements dans les semaines qui viennent. » L’usine, déjà identifiée comme l’un des sites les plus exposés de la filière plastique française, avait alerté sur la hausse inédite des prix liée au blocage d’Ormuz et au conflit au Moyen-Orient. La boucle est bouclée : le contribuable américain finance les missiles, le travailleur français en paie les congés forcés.

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Une filière à l’arrêt, un gouvernement muet

Cette fermeture temporaire illustre la détresse de tout le secteur plastique français, premier touché par la crise pétrolière. Utz France, qui produit des équipements réutilisables à partir de billes de plastique, voit ses marges fondre malgré des stocks encore récents. Du côté du gouvernement : silence radio. Rien sur cette annonce spécifique. Dans l’Ain, on guette l’évolution géopolitique avec angoisse – et la certitude que les frappes américaines continuent, elles, à tourner plein régime.

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