« Les États-Unis feront sauter l’intégralité du champ gazier de South Pars » : avec ce message publié sur Truth Social, Donald Trump place d’un coup le Golfe face à une menace d’une extrême gravité. Derrière la violence des mots, un fait central : ce n’est pas une installation secondaire qui est visée, mais l’un des plus grands ensembles gaziers de la planète.
Trump assume une menace directe contre un site vital pour le marché du gaz
Dans son texte, Donald Trump affirme qu’Israël a frappé une grande installation liée à South Pars, en Iran, et que seule une partie limitée du site aurait été touchée. Il ajoute que Washington n’était pas au courant de cette attaque précise et présente le Qatar comme totalement étranger à l’opération.
Le cœur du message est ailleurs : Trump pose une ligne rouge. Il explique qu’il n’y aura pas d’autre attaque contre South Pars, sauf si l’Iran s’en prend de nouveau au Qatar. Dans ce cas, écrit-il, les États-Unis frapperaient l’ensemble du champ gazier. Ce n’est pas une formule abstraite. C’est une menace visant une infrastructure qui pèse lourd dans l’équilibre énergétique mondial.
« En réalité, ce gaz profite d’abord aux grands pays importateurs d’Asie, surtout la Chine, l’Inde et la Corée du Sud, ainsi qu’aux marchés européens. Les États-Unis ne figurent pas parmi les acheteurs centraux : ils sont surtout un rival du Qatar sur le marché mondial du GNL. »
En menaçant South Pars, Donald Trump ne vise pas seulement l’Iran. Il place aussi sous pression une infrastructure dont dépendent des acheteurs majeurs en Asie et, dans une moindre mesure, en Europe. Autrement dit, il menace un point d’appui essentiel de l’approvisionnement gazier international.
En creux, la séquence ressemble à une pression adressée aux alliés de Washington, en particulier européens : après avoir essuyé des refus sur le détroit d’Ormuz, Trump menace un site gazier dont les conséquences se feraient sentir bien davantage en Europe et en Asie qu’aux États-Unis.
South Pars, un nom peu connu du grand public mais central pour l’énergie mondiale
Pour beaucoup de lecteurs, South Pars reste un nom lointain. En réalité, il s’agit d’un gisement gazier partagé entre l’Iran et le Qatar, dont la partie qatarie est connue sous le nom de North Dome. C’est un peu le cœur battant du gaz dans le Golfe : quand il vacille, les marchés écoutent immédiatement. La frappe rapportée contre une installation liée à ce site a d’ailleurs nourri les inquiétudes sur l’énergie et les approvisionnements.
Vu de France, le sujet peut paraître lointain. Il ne l’est pas vraiment. Le gaz naturel liquéfié qatari occupe une place importante dans les flux énergétiques mondiaux. Menacer South Pars, c’est menacer un nœud stratégique, comme si l’on brandissait la possibilité de faire sauter un échangeur autoroutier au milieu du trafic mondial.
Max Blumenthal accuse Trump de mentir pour calmer les marchés
Sur X, Max Blumenthal a livré une lecture beaucoup plus brutale de la séquence. Selon lui, Trump aurait approuvé la frappe israélienne sur South Pars avant de prendre ses distances une fois la riposte iranienne enclenchée, dans le but de calmer les marchés de l’énergie. Il va jusqu’à le décrire comme un simple exécutant politique de Benyamin Netanyahou.
« Tout le monde sait que Trump a approuvé la frappe terroriste israélienne sur South Pars, déclenchant la riposte iranienne qui fera grimper les prix de l’énergie à l’échelle mondiale Maintenant qu’il a repris l’ascendant sur l’escalade, Trump ment pour apaiser les marchés Il n’a aucune idée de ce qu’il faut faire, à part servir de majordome à Netanyahu«
Une parole qui dépasse le simple coup d’éclat
Ce type de déclaration ne reste pas suspendu dans le vide. Quand un responsable politique américain menace publiquement un site comme South Pars, il envoie un signal à plusieurs destinataires en même temps : à Téhéran, à Doha, à Israël, mais aussi aux marchés. Le message est simple : si les installations qataries sont de nouveau visées, la réponse promise serait d’une tout autre ampleur.
C’est là que cette publication devient plus qu’un simple coup de menton. Elle touche à une réalité concrète : dans le Golfe, les infrastructures gazières ne sont pas seulement des outils économiques. Elles sont aussi des leviers de puissance, des symboles de souveraineté et, en période de crise, des cibles potentielles.
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