Le Qatar accuse Israël d’avoir frappé des installations iraniennes liées au champ gazier de South Pars, partagé avec Doha. Cette attaque contre la plus grande réserve de gaz connue au monde provoque une nouvelle secousse sur les marchés de l’énergie et alimente les critiques contre la stratégie israélienne dans la région.
Les cours du pétrole et du gaz étaient orientés à la baisse en début de journée. Ils sont brutalement repartis à la hausse après des frappes signalées mercredi 18 mars contre des installations iraniennes situées sur le champ gazier de South Pars, gigantesque réserve énergétique que l’Iran partage avec le Qatar sous le nom de North Dome côté qatari.
Doha n’a pas tardé à réagir. Le Qatar a condamné l’attaque et pointé directement Israël, dénonçant une action dangereuse dans une zone déjà au bord de l’embrasement. Les médias d’État iraniens, eux, parlent d’une attaque américano-israélienne. Les Émirats arabes unis ont également condamné la frappe.
En visant un site aussi stratégique, Israël est accusé d’avoir franchi un cap supplémentaire dans l’escalade. S’attaquer au plus grand gisement de gaz au monde, au cœur d’une région dont dépend une partie de l’approvisionnement énergétique mondial, est perçu par plusieurs capitales comme une décision d’une extrême irresponsabilité.
Le Qatar dénonce une attaque “dangereuse et irresponsable”
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a dénoncé sur X une opération qui menace directement la stabilité régionale. Selon lui, frapper des installations liées à South Pars revient à faire peser un risque non seulement sur la sécurité énergétique mondiale, mais aussi sur les populations du Golfe et sur l’environnement.
Le message envoyé par Doha est limpide : toucher à une infrastructure de cette ampleur, dans le contexte actuel, revient à jouer avec un levier explosif pour toute l’économie mondiale. Le Qatar ne parle pas d’un incident isolé, mais d’un acte qui peut faire dérailler encore un peu plus la région.
Pourquoi South Pars est un site explosif sur le plan énergétique
Le champ de South Pars/North Dome n’est pas une installation secondaire. Il s’agit de la plus grande réserve de gaz connue au monde. Ce site est vital pour l’Iran, essentiel pour le Qatar, et suivi de près par tous les marchés de l’énergie.
Autrement dit, une frappe sur cette zone n’a rien d’anodin. Elle ne touche pas seulement Téhéran. Elle envoie une onde de choc jusqu’aux marchés européens, aux importateurs asiatiques, aux producteurs du Golfe et à tous les pays dépendants du gaz et du pétrole.
Dans ce dossier, la critique contre Israël est simple : frapper un tel site, alors que toute la région est déjà sous tension, revient à mettre en danger un point névralgique de l’approvisionnement énergétique mondial.
L’Iran menace à son tour les infrastructures énergétiques du Golfe
La réponse iranienne a été immédiate. Téhéran a prévenu qu’il pourrait viser, en retour, des infrastructures énergétiques chez ses voisins du Golfe.
Cette menace change encore un peu plus la donne. Car une extension des attaques aux installations pétrolières et gazières des monarchies du Golfe ferait entrer le conflit dans une autre dimension, avec des conséquences potentiellement massives sur les prix, la logistique maritime et la sécurité des approvisionnements.
En clair, le risque n’est plus seulement militaire. Il devient aussi économique, industriel et mondial.
Le pétrole et le gaz repartent à la hausse
Les marchés ont réagi sans attendre. Après la frappe, le Brent a bondi de plus de 5 %, pour revenir autour de 108 dollars le baril en milieu de journée.
Même mouvement côté gaz. Le contrat à terme du TTF néerlandais, qui sert de référence en Europe, progressait de 7,70 %, à 55,53 euros le mégawattheure.
Cette remontée est d’autant plus frappante que les cours étaient orientés à la baisse quelques heures plus tôt. Le marché avait été un peu rassuré par la reprise partielle d’une partie des exportations irakiennes via la Turquie. Un certain optimisme existait aussi autour du détroit d’Ormuz, après l’autorisation de passage accordée à un nombre limité de navires par l’Iran.
Mais cet apaisement n’aura pas duré. La frappe sur South Pars a suffi à faire basculer l’humeur des marchés.
Israël de plus en plus critiqué pour sa stratégie
Ce qui ressort de cette séquence, c’est la montée des critiques contre Israël. Dans une région déjà au bord de la rupture, frapper des installations liées au plus grand gisement gazier de la planète apparaît, pour ses détracteurs, comme une fuite en avant.
Le Qatar parle d’une action dangereuse et irresponsable. Abou Dhabi condamne aussi. Et derrière ces réactions, une même idée domine : à force de frapper toujours plus loin et toujours plus sensible, Israël prend le risque de provoquer un choc énergétique mondial dont les conséquences dépasseront largement le cadre militaire.
Car s’attaquer à un site comme South Pars, ce n’est pas seulement viser l’Iran. C’est toucher à l’un des centres nerveux de l’énergie mondiale.
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