Bienvenue dans le feuilleton géopolitique de 2025, où les négociations nucléaires avec l’Iran ressemblent à un numéro d’équilibriste entre diplomatie, menaces de guerre, et querelles internes au camp MAGA. Au centre de la scène, Donald Trump jongle avec les exigences israéliennes, les critiques de ses propres supporters comme Tucker Carlson, et la méfiance iranienne, le tout sous le regard des va-t-en-guerre israéliens, accusés de semer le chaos au Moyen-Orient pour leur projet de « Grand Israël ». Décortiquons ce bazar où les centrifugeuses iraniennes tournent aussi vite que les têtes à Washington, Tel-Aviv, et Téhéran.
Acte I : Les négociations nucléaires, ou comment vendre un vieux JCPOA avec une nouvelle étiquette
Depuis avril 2025, Trump a relancé des pourparlers à Oman avec l’Iran, espérant limiter l’enrichissement d’uranium (actuellement à 60 %, flirtant avec le seuil militaire de 90 %) à un modeste 3,67 %, comme dans l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015 (JCPOA), voir 0%, une contradiction apparente entre les propositions de Steve Witkoff et les déclarations de Trump. En échange ? Une levée progressive des sanctions qui redonnerait de l’oxygène à une économie iranienne à bout de souffle. Le président Massoud Pezeshkian, élu en 2024 sur la promesse de relancer l’économie, salive à l’idée de vendre du pétrole sans se cacher. Mais, comme toujours, il y a un hic : l’Iran n’a aucune confiance dans les « ricains », et pour cause. En 2018, Trump a pulvérisé le JCPOA, alors que l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) jurait que Téhéran respectait ses engagements. Résultat : Téhéran craint un nouvel accord qui ne tiendra que jusqu’au prochain caprice d’un président américain ou d’un Congrès pro-israélien.
Les négociations, menées par Steve Witkoff (émissaire de Trump) et Abbas Araghchi (côté iranien), ont progressé en avril-mai 2025, mais ont été stoppées net en juin après des frappes israéliennes sur les sites nucléaires iraniens de Natanz et Fordo. Israël était déjà en embuscade en menaçant le président américain d’une frappe sur l’Iran. Après l’écoulement des 60 jours de négociations, faute d’accord, le 61e jour fut celui choisi pour attaquer l’Iran. Trump, qui oscillait entre « faisons un deal » et « évacuez Téhéran », a lâché : « Ils auraient dû signer l’accord. Je leur ai dit : ‘Faites le deal’ » (ABC News, 17 juin 2025). Traduction : l’Iran est sommé de capituler, sinon gare aux B-2. Mais Téhéran, pas né de la dernière pluie, exige des garanties que l’accord survivra au mandat de Trump (fin 2029) et refuse de discuter de ses missiles balistiques, ces joujoux qui font trembler Tel-Aviv. Comme le dit un post sur X : « L’Iran sait que signer, c’est comme jouer à la roulette avec un revolver chargé par Netanyahou ».
Acte II : Les va-t-en-guerre israéliens, chefs d’orchestre du chaos
Et voici les stars du spectacle : les Israéliens, dirigés par un Benyamin Netanyahou qui semble avoir un abonnement à vie au pouvoir. Israël, qui accuse l’Iran d’être à deux doigts de la bombe — malgré les propos de la directrice du renseignement national américain, Tulsi Gabbard, qui a affirmé que l’Iran ne cherche pas à obtenir une arme nucléaire —, et a lancé une offensive aérienne surprise le 13 juin 2025. Objectif : démolir les sites nucléaires iraniens, tuer des scientifiques, et décapiter l’état-major des Gardiens de la révolution. Résultat ? Natanz atteint, pareil pour Fordo — même si le site d’enrichissement de Fordo, près de Qom, se trouve protégé par plus de 80 mètres de roche (pas simple à atteindre) — et l’Iran a riposté avec des missiles à Haifa et Petah Tikva, tuant 24 Israéliens. Bilan iranien : 224 morts, 1 400 blessés.
Mais pourquoi cette frénésie ? Officiellement, Israël veut empêcher l’Iran d’avoir une arme nucléaire, une obsession depuis les années 2000. Officieusement, les critiques y voient une stratégie pour affaiblir un rival régional et consolider le projet du « Grand Israël », une vision expansionniste et qui, selon ses détracteurs, justifie des attaques tous azimuts (Liban, Syrie, Gaza, maintenant l’Iran). Les accusations de génocide à Gaza et la destruction des proxies iraniens (Hezbollah, Houthis, Hamas) depuis 2023 alimentent cette narrative. Un post sur X résume : « Israël bombarde tout le Moyen-Orient, et on nous vend ça comme de la légitime défense. Le Grand Israël, c’est pas un mythe, c’est un bulldozer ».
Rappel utile : Benjamin Netanyahu se faisait déjà, le 12 septembre 2002, l’avocat d’une attaque immédiate contre l’Irak :
« Il n’y a aucun doute que Saddam a le projet, travaille et développe l’arme nucléaire. Aucun doute. Et il n’y a aucun doute qu’une fois qu’il l’aura, l’histoire changera immédiatement. Et aujourd’hui, les Etats-Unis doivent détruire ce régime, parce Saddam doté de l’arme nucléaire mettrait le monde entier en dangers. « , dira le boucher de Gaza.
Résultat : selon une étude publiée dans The Lancet (2006), cette guerre a causé la mort de 600 000 Irakiens — femmes, hommes et enfants — pour zéro bombe nucléaire trouvée. On recommence ?
Israël influence aussi l’AIEA, Rafael Grossi est accusé par l’Iran d’être une marionnette. Son ton critique envers Téhéran fait jaser. « L’immonde Grossi, pantin de Tel-Aviv ». Apparemment, il n’y aurait pas de négociations directes entre Israël et l’AIEA, mais les archives nucléaires volées, obtenues et divulguées par l’Iran, suggèrent le contraire.
Le comble : pendant que l’Iran doit se plier aux exigences strictes de l’AIEA pour développer un nucléaire civil, Israël, lui, garde bien au chaud ses petites bombes atomiques — sans jamais avoir signé le moindre traité et dicte les directives à l’AIEA. C’est pas beau ?
Acte III : Trump, l’ami d’Israël qui snobe Netanyahou
Trump soutient les objectifs israéliens – pas de bombe pour l’Iran, point final. « IRAN CAN NOT HAVE A NUCLEAR WEAPON ! » a-t-il martelé sur Truth Social. Il a donné un feu vert tacite aux frappes israéliennes de juin 2025, convaincu par des briefings sur la menace iranienne, et laisse Netanyahou mener sa guerre à Gaza, où les opérations s’intensifient. Pourquoi ? Les chrétiens évangéliques, qui adorent Israël, sont un quart de son électorat. Sans eux, pas de midterms gagnés, pas de 2028 pour un successeur MAGA. Et puis, être l’ami d’Israël, c’est une carte VIP à Washington.
Mais Trump n’est pas le toutou de Netanyahou. Il l’a snobé lors d’un voyage au Golfe en mai 2025, négociant avec l’Iran, Hamas, et les Houthis sans consulter Tel-Aviv. Netanyahou, furieux, se sent « sidéré ». Trump était déjà vexé que Bibi ait félicité Biden en 2020 et reproche à Israël de traîner à Gaza, bloquant ses rêves de « dealmaker ». En gros, Trump soutient Israël pour les caméras, mais fait du Trump : il veut son accord avec l’Iran, pas une guerre mondiale.
Acte IV : Tucker Carlson et les influenceurs MAGA, les empêcheurs de tourner en rond
Et voilà le twist : Tucker Carlson, Steve Bannon, Candace Owens, Alex Jones, Andrew Tate et même Marjorie Taylor Greene, piliers du mouvement MAGA, crient au scandale. Carlson, sur son podcast War Room avec Steve Bannon, accuse Trump d’être « complice » des frappes israéliennes, risquant une guerre qui « mettrait fin à l’empire américain ». Dans sa newsletter du 13 juin, il titre : « This Could Be the Final Newsletter Before All-Out War (traduction : Ceci pourrait être la dernière newsletter avant la guerre totale) ». Greene, sur X, enfonce le clou : « La guerre a de mauvaises conséquences. Nous avons voté pour America First », Candace Owens enchaîne en déclarant que Trump a « complètement fracturé sa base ». Ça bout dans la marmite !
Ces isolationnistes s’opposent aux faucons républicains (Sean Hannity, Mark Levin, Lindsey Graham), qui célèbrent les frappes israéliennes et veulent que Trump « aille à fond ». Carlson traite Mark Levin de « va-t-en-guerre » et moque Fox News (le CNEWS français), accusé de « cracher de la propagande ». Trump, agacé, qualifie Carlson de « kooky » (cinglé) sur Truth Social : « Quelqu’un peut-il expliquer à ce kooky Tucker Carlson que l’IRAN NE PEUT PAS AVOIR LA BOMBE ! »
“Kooky Tucker Carlson” pic.twitter.com/tR9HnIHpa5
— Republicans against Trump (@RpsAgainstTrump) June 16, 2025
Pourquoi ce clash ? Carlson et Bannon, tenants de l’« America First », rejettent toute guerre au Moyen-Orient, traumatisés par l’Irak et l’Afghanistan. Ils estiment que l’Iran est loin d’avoir la bombe et que les frappes israéliennes, soutenues par des armes US, risquent d’entraîner l’Amérique dans un bourbier. « Le vrai clivage, c’est entre les va-t-en-guerre et les pacifiques », écrit Carlson sur X. Cette fracture divise MAGA, menaçant la cohésion de Trump pour les midterms.
Acte V : Le Grand Israël, ou comment semer la tempête pour récolter le chaos
Et si tout ça n’était qu’un prétexte pour un projet plus vaste ? Les critiques — comme nous le rappelle Youssef Hindi —, accusent Israël de vouloir démanteler le Moyen-Orient pour le « Grand Israël », une vision où Tel-Aviv dominerait de l’Euphrate au Nil. Depuis 2023, Israël a affaibli les proxies iraniens (Hamas, Hezbollah, Houthis « ses derniers restent résilients ») et renversé Assad en Syrie. L’Iran, dernier bastion anti-israélien, est dans le viseur. Les frappes de juin 2025, qui ont tué l’élite militaire iranienne, visent aussi, selon Netanyahou, un « changement de régime ».
Mais à quel prix ? Les accusations de « génocide » à Gaza, où les civils meurent sous les bombes, et les attaques tous azimuts (Liban, Syrie, Iran) font craindre une guerre régionale, voire mondiale, si la Russie ou la Chine s’en mêlent. Israël fait la pluie et le beau temps, et le monde regarde pendant que le Moyen-Orient brûle. Trump, coincé entre sa base isolationniste et les faucons, risque de se retrouver avec un conflit qu’il ne contrôle plus.
Rideau : Un choix cornélien pour Trump et l’Iran
Alors, que faire ? L’Iran doit-il signer un accord bancal, lâcher ses missiles (autant dire se tirer une balle dans le pied), et prier pour que les États-Unis ne trahissent pas ? Ou tenir bon, garder ses centrifugeuses et ses missiles, et risquer une guerre avec Israël et peut-être l’Oncle Sam ? Trump, lui, doit calmer Netanyahou, ignorer Carlson, et convaincre Téhéran qu’il est digne de confiance – bonne chance avec ça.
Les va-t-en-guerre israéliens, eux, continuent de dicter le tempo, rêvant d’un Moyen-Orient à leur botte. Mais à force de jouer avec les allumettes, ils pourraient bien mettre le feu à la planète. Comme le disait un sage anonyme : « Quand Israël bombarde, le monde tousse. Et nous, on paie la facture ».
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