Dans une campagne marketing aussi pathétique que prévisible, l’ancien président livre au public son « Journal d’un prisonnier », récit d’une incarcération aussi brève que féconde. On y promet, dans un style d’une emphase confondante, des méditations sur le silence « qui n’existe pas » et une « vie intérieure » qui se « fortifie », transformant un séjour correctionnel en une retraite spirituelle forcée.
Cette opération éditoriale, qui confine à la parodie tant elle semble ignorer la dimension tragique de l’univers carcéral, s’apparente à une mascarade : celle d’un homme convaincu que ses moindres tribulations méritent les honneurs de la librairie. Nombreux sont les prisonniers coincés à trois dans un petit espace. La densité carcérale est de 135,8 % et même de 165,4 % pour les courtes peines. Nicolas Sarkozy était seul dans sa prison et ses deux gardes du corps, moins bien lotis, se partageaient une cellule. Le journal d’un prisonnier fait 216 pages pour 20 jours d’incarcération. Il est regrettable que Nicolas Sakozy n’ait pas séjourné quelques années, cela nous aurait valu un chef-d’œuvre comparable en épaisseur historique à Guerre et paix.
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