Cinéma

Sacré Cœur, sacré Payan : La projection du film annulée par le maire de Marseille pour cause de… laïcité

Benoît Payan, maire de Marseille, a inscrit un nouvel épisode à sa singulière conception de la laïcité : l'annulation in extremis de la projection du film « Sacré Cœur ». Une heure à peine avant sa diffusion dans un lieu municipal, le château de La Buzine cher à Pagnol, le docu-fiction sur la dévotion marseillaise au Sacré Cœur de Jésus était interdit. Le prétexte ? Le respect de la neutralité républicaine. La réalité ? Un acte de censure pure, symptôme d'une gestion municipale où les principes plient devant les calculs électoraux.

mise à jour le 24/10/25

Le maire de Marseille, Benoît Payan, a annulé la projection du film une heure avant sa diffusion, invoquant une atteinte au principe de laïcité.

Indignation légitime et révolte artistique

Du haut des rues de Marseille qu’il arpente, le réalisateur Steven James Gunnell a livré une réplique cinglante. Il dénonce cette interdiction : « Ça ne passe pas les gars. Je demande à tous les Marseillais de vous révolter (…) Vous avez le droit de voir ce film. Il n’est rien interdit. » Il rappelle, non sans ironie, que la ville fut la première en France consacrée au Sacré Cœur en 1720 pour échapper à la peste. Un détail historique que la municipalité semble avoir évacué de ses archives, préférant une amnésie sélective à la complexité de son patrimoine.

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Une hypocrisie qui s’affiche au grand jour

Le contraste est savoureux, pour ne pas dire scandaleux. En 2023, Benoît Payan déployait le tapis rouge pour la visite du pape François, utilisant sans complexe l’image chrétienne au service de sa communication. Aujourd’hui, il censure un film sur cette même histoire, craignant sans doute de froisser une partie de l’électorat. La sénatrice LR Valérie Boyer résume d’une phrase cette schizophrénie : « Marseille a accueilli le pape mais le maire fait déprogrammer le film Sacré Cœur. » La laïcité, manifestement, s’applique en fonction de l’audience visée.

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La peur pour seule boussole politique

Cette affaire n’est pas qu’une incartade ; elle est révélatrice. Alors que des juristes pointent une éventuelle illégalité, l’absence de trouble à l’ordre public avéré transforme cette décision en pur acte d’autorité politique. Benoît Payan semble gouverné par les pressions qu’il subit plus que par une vision pour Marseille. En sacrifiant la liberté d’expression et la mémoire de sa ville sur l’autel d’un clientélisme communautaire, il ne préserve pas la paix sociale. Il se contente de gérer son propre électorat, au mépris de l’intelligence collective.

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