Banques

Merci l’Europe : Des prêts à la consommation remplaceront les découverts bancaires désormais interdits

À partir du 20 novembre 2026, les banques remplaceront les découverts par des crédits à la consommation. Elles pourront autoriser l'équivalent des découverts sans accord préalable, mais il faudra… un accord préalable et une analyse de solvabilité. Et cela même pour un montant de moins de 200 euros pour moins d’un mois. Une merveilleuse invention de l'Union européenne ( en passant d'une directive à une ordonnance, on n'a pas perdu de temps à demander leur avis aux députés). Très certainement pour notre bien.

mise à jour le 14/03/26

À partir de novembre 2026, vos découverts bancaires disparaissent pour laisser place à des crédits à la consommation, même pour 50 €. Et c’est pour votre bien.

Pourquoi cet article en mars 2026 sur une ordonnance du 3 septembre 2025, reprenant une directive européenne du 8 octobre 2023 ? Réponse : parce que les banques sont à présent en train de passer de la théorie à la pratique. En mars 2026 ma banque (la Société Générale alias Boursobank) annonce qu’elle va supprimer mon autorisation de découvert par ce mail.

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« Nous avons remarqué que vous n’aviez pas utilisé votre autorisation de découvert sur votre compte n° 000 depuis plusieurs années. Toujours attentif à l’adaptation de nos services à vos besoins et afin d’éviter tout endettement involontaire, ce découvert sera supprimé dans un délai de 2 mois conformément à nos conditions générales. Si vous le souhaitez, passé ce délai, vous pourrez à tout moment réactiver votre découvert autorisé et obtenir un nouveau plafond en fonction des conditions au jour de votre demande en quelques clics et en temps réel depuis votre Espace Client sur n’importe quel terminal fixe ou mobile. »

La banque me retire une autorisation de découvert sous le prétexte que je ne l’ai jamais utilisée. Pas franchement logique. Il s’agit en réalité d’appliquer la directive européenne qui supprime tous les découverts.

À partir du 20 novembre 2026, ils seront transformés en crédits à la consommation. Les banques doivent donc dire adieu à leurs très chers agios, mais on se doute qu’elles se rattraperont sur leurs clients.

Pour un découvert, même de moins de 200 €, même pour moins d’un mois, il faudra demander l’autorisation à la banque. Les conditions pour l’obtenir seront les mêmes que pour un crédit à la consommation : une analyse de solvabilité (revenus, charges, actifs, dépenses courantes, antécédents bancaires). Pour un petit découvert, ce n’était pas obligatoire auparavant.

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Si les banques refusent le crédit, leurs clients seront amenés à s’adresser à des prêteurs plus coûteux ou de payer plus cher pour avoir des cartes bancaires à débit différé.

Si une banque accorde un crédit, mais que son client, malgré l’analyse de solvabilité, n’arrive pas à rembourser, elle pourra racheter le crédit en cours afin d’allonger la durée du remboursement et en diminuer les mensualités. Ainsi le client sera ligoté par un nouvel emprunt, voie royale vers le surendettement.

Cette directive européenne de Christine Lagarde, présidente de la Banque Centrale européenne (726 000 euros de revenu annuel en 2024), adoptée par ordonnance par Emmanuel Macron, n’évitera pas le surendettement des manants, mais permettra de les contrôler plus étroitement. Sous prétexte de protéger les consommateurs, interdire les découverts protège les banques qui seraient peut-être tentées de les accorder pour de petits montants sans analyse préalable à une clientèle de plus en plus fragile et de plus en plus impuissante à les rembourser. L’État peut y voir un frein au désordre social causé par la crise financière. La BCE essaie d’éviter une nouvelle crise comme celle des subprimes de 2008 aux États-Unis. L’économie de guerre mondiale a jusqu’à présent permis de sauver les banques, mais pourquoi ne pas faire des économies de bouts de chandelle sur le dos des pauvres ? Ainsi les détenteurs de Livret A — 1,5 % d’intérêt — vont-ils financer 60 % du programme nucléaire EPR 2 à la place de l’État. C’est Macron qui en a décidé ainsi. La Caisse des dépôts, qui gère le livret A, est dirigée par Olivier Sichel (450 000 € brut de salaire annuel de base).

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Il n’y a pas d’argent magique pour les gueux, mais tant qu’on peut en tirer un petit billet… Le but étant que le perdant ne soit jamais ni les banques ni les hauts fonctionnaires.

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