Les Mamans Louves : « Les enfants ne doivent pas être la variable d’ajustement des politiques ! »

mise à jour le 20/11/22

A travers la série « Collectifs en action », Le Média en 4-4-2 donne la parole à ceux qui se mobilisent et se battent sur le terrain pour la construction d’un monde nouveau. Chaque collectif a sa vision, ses idées et ses méthodes ; cette multitude de solutions proposées permet à chaque citoyen qui souhaite s’engager de trouver le chemin qui est le sien. Pour ce sixième épisode de la série, place aux Mamans Louves avec Christelle, la vice-présidente de cette association.


Le Média en 4-4-2 : Bonjour , et merci d’avoir répondu à l’invitation du Média en 4-4-2. Pouvez-vous vous présenter en 4-4-2, c’est-à-dire de manière concise et efficace ?

Christelle : Bonjour, merci de nous offrir cet espace de communication pour parler de notre mouvement et association. Je suis Christelle Comet, une des co-fondatrices du mouvement et vice-présidente de l’association Mamans Louves.

Le Média en 4-4-2 : Quand et comment votre collectif est-il né ?

Christelle : Notre mouvement est né le 4 novembre 2021, date de notre première action, où nous sommes allées remettre dans la loge de l’Élysée notre demande de débat public au président de la République, afin d’exposer les sujets urgents de la détresse des enfants et des jeunes et de l’autorité parentale dangereusement mise à mal depuis la crise sanitaire.

 Le Média en 4-4-2 : Quel est le constat ou l’évènement à l’origine de cette création ?

Christelle : Depuis le départ de la crise sanitaire, nous étions nombreux à être inquiets des mesures  imposées aux enfants, population fragile qui demande toute notre vigilance. Nous avons dès septembre 2020 créé des collectifs qui regroupaient des parents soucieux du sort de leurs enfants. Dès la mise en place des mesures, de nombreux professionnels de la santé et de l’enfance alertaient sur les conséquences à venir pour les enfants. Ils ne sont pas des adultes en miniature et ont des besoins spécifiques afin de pouvoir se construire et se développer.

 Le Média en 4-4-2 : Quel est l’objectif de Mamans Louves et comment vous organisez-vous ?

Christelle : De nombreuses sollicitations ont été effectuées auprès de toutes les strates de l’Éducation nationale, en vain. Qu’il s’agisse des chefs d’établissements scolaires, rectorats, directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, mais aussi des préfets ou des élus locaux, tous se sont dédouanés, prétextant n’être que des applicateurs de ces mesures décidées par le gouvernement. Nos demandes auprès des élus nationaux et membres du gouvernement n’ont pas eu plus de succès, le sujet étant clairement devenu un tabou. Convaincues que l’origine de cette volonté d’étouffer le sujet était tout simplement qu’il pouvait faire basculer l’opinion publique, nous avons changé de stratégie, en essayant de percer la barrière médiatique, les médias ayant un rôle moteur dans cette gestion de crise évidemment. Notre objectif était de pouvoir poser sur la place publique l’immense souffrance de la jeunesse française, et ainsi pouvoir sensibiliser un maximum de parents, de citoyens et faire réagir le pouvoir en place.

« Notre devise est  de défendre et protéger nos enfants QUOI QU’IL EN COÛTE »

Le Média en 4-4-2 : Pouvez-vous nous parler de vos actions concrètes sur le terrain en nous donnant des exemples ?

Christelle : Ce drame psychologique vécu par les enfants et les jeunes est depuis fin décembre 2020 un fait, désormais reconnu par les instances elles-mêmes, qui ne peuvent plus nier ce grave problème de santé publique. Les statistiques sont criantes, les services pédopsychiatriques débordent d’enfants faisant des tentatives de suicide, parfois dès l’âge de 6 ans. Les chefs de service sont nombreux à alerter le gouvernement, et ce depuis plus d’un an et demi. Les enfants ne peuvent pas être pris en charge, car l’hôpital se meurt et n’a pas les moyens de les soigner. Pourtant plus d’enfants sont morts par suicide que du covid, l’urgence est évidente.

Face à ce drame, nous avons donc structuré notre mouvement en créant des antennes régionales et départementales, afin que toutes les mamans mais aussi toutes les familles puissent trouver du soutien localement et se fédérer, puis participer à des actions de sensibilisation, de sollicitation et d’échanges sur tous les territoires de France, afin de faire valoir partout cette urgence à agir pour les enfants. Qu’il s’agisse de rencontres avec les chefs d’établissement, les maires ou encore d’organisations de conférences ou de débats, notre volonté est de faire en sorte que partout il puisse y avoir du dialogue.

Durant cette année, nous avons eu de nombreuses avancées. Non pas sans difficultés, car mobiliser et coordonner tout ce mondene se fait pas sans efforts, mais le labeur et la ténacité paient. Des Mamans de tous horizons se sont professionnalisées, ont développé de multiples compétences, pour tendre à la réussite de nos objectifs. Plusieurs rencontres avec des élus ont eu lieu au niveau local comme national. Les établissements scolaires ont été sensibilisés grâce à l’envoi de notre bilan de l’impact traumatique de la crise sanitaire sur la santé mentale des enfants et des jeunes, qui synthétise le drame vécu par notre jeunesse depuis maintenant plus de deux ans. Vous pouvez retrouver ce bilan et visionner son teaser ici.

Nous effectuons aussi des actions de sensibilisation des citoyens et parents afin de rétablir le dialogue arraché par la crise sanitaire, qui, comme vous le savez, a beaucoup divisé et plongé la population dans le silence par l’instauration de la peur. Cet été nous organisions des campagnes de distribution de flyers pour ouvrir ces discussions et « sonder » l’opinion des parents au sujet des mesures sanitaires pour leurs enfants. Sur la fin du mois d’août et durant trois semaines sur cent-vingt-cinq communes de France, des rencontres de parents ont eu lieu, dans la continuité des objectifs de notre précédente action : sensibiliser et connaître le positionnement des parents en cas de retour de mesures. Cette opération nommée #rentree2022 a connu un franc succès, la majorité des parents étant en défaveur des mesures pour leurs enfants.

Nous faisons de la veille constante sur les projets ou mises en place de décisions à destination des enfants. D’ailleurs, nous alertons sur l’incohérence de ces dernières prises par les décisionnaires du pays. La circulaire de rentrée 2022-2023 par exemple, promet une veille accrue de la santé mentale des enfants et des jeunes, alors que paradoxalement, le protocole lui-même est clairement incompatible avec ces objectifs. Il laisse la possibilité d’un éventuel retour du port du masque, mais aussi des règles d’isolement et de la politique de test pour les enfants, qui ne sont clairement plus envisageables au vu des conséquences qu’elles engendrent. Les enfants ne doivent être la variable d’ajustement des politiques !

Nous avons d’ailleurs écrit au nouveau ministre de l’Éducation nationale afin d’obtenir une rencontre. Demande restée sans réponse à ce jour. Il est sans doute plus préoccupé par le renforcement de l’éducation sexuelle en milieu scolaire, puisqu’il l’a annoncé comme sa priorité… Cependant nous n’avons certainement pas dit notre dernier mot, car notre devise est bel est bien de défendre et protéger nos enfants QUOI QU’IL EN COÛTE. En effet, si le président lui-même ne souhaite pas ce débat public, nous frappons à toutes les portes pour l’obtenir.

Ce débat a déjà finalement eu lieu sur l’ensemble du territoire. Nous avons obtenu des débats et discussions avec des élus locaux, nationaux, des citoyens, et des parents. Les échanges se font partout et se démultiplient. Au mois d’octobre nous étions reçues au parlement européen par deux femmes députées européennes, Virginie Joron et Annika Bruna, engagées pour la cause et sensibles à ce que nous avons de plus précieux : les enfants. Puis au Sénat, pour une conférence intitulée Protéger l’Enfance organisée par deux sénatrices, elles aussi engagées pour la cause des enfants et qui nous soutiennent depuis des mois, Laurence Muller-Bronn et Sylviane Noël.

Il faut croire que le changement pourrait être opéré par les femmes, dont l’instinct dépasse tous les clivages… Nous continuons nos sollicitations auprès de tous les parlementaires. Pour finir sur nos projets actuels, nous menons une opération ambitieuse que nous avons appelée Debout la résistance – Les enfants ont besoin de nous. Ambitieuse, car elle a pour objectif de mettre tous les collectifs, associations et citoyens au sens plus large, en ordre de bataille pour mener une action stratégique en deux temps, qui vise bien évidement à la protection des enfants et des jeunes. Pour rejoindre cette action, vous êtes invités à rejoindre le groupe Telegram dédié.

Il s’agira dans un premier temps de choisir des établissements pilotes sur chaque département pour une distribution de sondage d’opinion, afin de montrer de manière factuelle et chiffrée que les parents ne veulent plus de ces mesures destructrices pour leurs enfants. Nous avons pour objectif aussi de montrer que les chiffres sont bien différents de ceux édités par les organismes non sans lien d’intérêt avec ceux qui les commandent ! En cas de retour des mesures, comme celles du port du masque ou d’éventuelles pressions vaccinales, une deuxième phase d’opposition ferme est prévue.

Le Média en 4-4-2 : Quelles sont les principales difficultés rencontrées au quotidien ?

Christelle : Nous observons cette fâcheuse tendance à l’automne du retour du matraquage médiatique, qui stigmatise toujours les enfants et les mêmes tranches d’âge non vaccinées. Et récemment, le Covars (qui remplace le conseil scientifique) remet à l’étude le retour du port du masque en population générale. L’académie de médecine lui emboîte le pas en se positionnant en faveur du retour de cette mesure. Les enfants pourraient donc en être une fois de plus les victimes, puisque dès le passage au niveau 1 du protocole actuel, il serait possible de leur imposer de nouveau, étant possiblement soumis aux mêmes règles que celles de la population générale (cf. protocole sanitaire 2022/2023). Notons tout de même que pour qu’un retour des mesures sanitaires soit possible, il faudra qu’un vote de loi s’effectue, car depuis juillet 2022 l’état d’urgence a été levé, avec toutes ces mesures d’exceptions. Une seule question subsiste : vont-ils pouvoir faire passer à nouveau de telles lois et encore oser infliger ces mesures aux enfants, alors qu’ils savent et reconnaissent leurs impacts désastreux sur la santé mentale de nos jeunes ? Ce qui est certain, c’est que la gronde des parents pourrait être très forte cette fois ! D’ailleurs le fruit du travail de chaque collectif n’y est sans doute pas étranger, car sans ce travail de sensibilisation et ces actions, le résultat serait peut-être différent.

« C’est notre rôle de parents et le devoir de tous les adultes que de protéger les enfants »

Le Média en 4-4-2 : Comment voyez-vous l’évolution de parents en colère dans les prochaines années ? Y a-t-il des évolutions prévues ?

Christelle : Vous l’aurez donc compris, le chemin est long, parfois fatigant, mais il en vaut la peine car nous le devons à tous les enfants. C’est notre rôle de parents et le devoir de tous les adultes que de les protéger. Enfin, et pour finir, nous travaillons quotidiennement depuis des mois avec des professionnels de la santé et de l’enfance.  Ensemble, nous nous sommes unis et fédérés pour créer une Fédération : l’Union Pour la Protection et la Santé des Enfants. Les membres fondateurs de l’Union pour la Protection et la Santé des Enfants sont Enfance & Libertés, Mamans Louves, SOS Éducation, le Collectif de Santé Pédiatrique, le Collectif National des Orthophonistes de France et le Collectif de professionnels de la santé mentale Conscience Santé Liberté, ainsi que Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne spécialisée en psychopathologie, neuropsychologie, psychosomatique. Ensemble nous avons un champ d’expertise complet et souhaitons, entre autres, être partie prenante de toutes les décisions concernant l’intérêt supérieur de l’enfant. Vous pourrez suivre les actualités de la fédération ici ou ici.

Le Média en 4-4-2 : Merci  pour le temps que vous nous avez consacré ! Nous vous laissons le mot de la fin.

Christelle : Merci pour ce temps d’échanges, toujours heureuse de pouvoir être relayée par un média honnête et compétent, ce qui se fait rare de nos jours !

Retrouvez Les Mamans Louves sur leur site internet, leur canal Telegram, leur compte Twitter et leur page Facebook.

Le Média en 4-4-2.

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