Leur solution pour un hôpital neuf ? L’effondrement pur et simple du précédent.
Le constat est accablant : à Toulouse, plus de 100 000 citoyens sont privés de médecin traitant ; à Nantes, des patients meurent dans l’indifférence des couloirs ; à Caen, les urgences perdent leurs internes, ces étudiants qui portent littéralement le système sur leurs épaules. À Cherbourg, une centaine de personnes se mobilisent pour défendre un hôpital public qualifié de « catastrophe nationale ».
A Lannion, il manque au moins 16 médecins pour maintenir les services essentiels, aggravant une crise qui a franchi un nouveau palier cet été ; en Seine-Saint-Denis, le département le plus touché par la pénurie, on ne compte que 50 médecins traitants pour 100 000 habitants, forçant des renoncements aux soins généralisés. La stratégie est limpide : sous couvert de « réorientation » et de gestion « raisonnable » des flux, on organise la pénurie.
On supprime les médecins, on prie les familles de transporter elles-mêmes leurs proches en danger, et on s’étonne que des situations bénignes dégénèrent en drames. À Villeneuve-Saint-Georges, une jeune femme de 26 ans décède aux urgences après une dégradation soudaine, illustrant les failles d’un système surchargé ; dans de nombreuses régions, les urgences ferment des lignes médicales, avec des répercussions directes sur la prise en charge, comme observé cet été dans 61 % des services.
Pendant ce temps, place Beauvau, on se contente de sophismes et d’incantations à la « refondation », une novlangue macronienne qui signifie, dans les faits, l’abandon pur et simple de notre bien le plus précieux. Cette prétendue réforme, promise comme une renaissance, masque en réalité une casse organisée de l’hôpital public, avec des déficits records et une déconcentration qui ne résout rien des problèmes structurels. Au final, ce n’est pas une refondation, mais une désertification programmée, où les urgences explosent et les soignants fuient un management destructeur, comme à Toulouse ou ailleurs.
Les votes du Parti socialiste et de l’abstention massive des groupes écologiste et communiste ont permis l’adoption à 15 voix près d’un massacre social et sanitaire annoncé. 12 milliards d’euros de coupes des recettes du budget de la sécurité sociale votées par les députés PS aidés par les abstentions massive des groupes communistes et écologistes.