Économie

La Cour des comptes menace de ne plus certifier les finances de l’État, au bord du décès financier

Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, a tiré la sonnette d’alarme avec une virulence rare. Pour la 19e année consécutive, les comptes publics sont dans un état si pitoyable que la certification ne tient qu’à un fil. Mais cette fois, la Cour pourrait franchir le Rubicon : refuser purement et simplement de les valider en 2025. Une première qui ferait passer la Grèce en crise pour un modèle de rigueur.

mise à jour le 17/04/25

Entre optimisme béat et déni coupable, le gouvernement préfère faire payer aux contribuables son incurie. La Cour des comptes, elle, a décidé de ne plus jouer les complices.

L’État, cet élève qui refuse d’apprendre

« J’aimerais vous faire part de ma très mauvaise humeur », a lâché Moscovici devant des députés probablement plus occupés à calculer leurs indemnités qu’à écouter. Le constat est sans appel : les gouvernements successifs ignorent superbement les recommandations de la Cour, comme un enfant turbulent qui cache ses mauvaises notes. La comparaison avec une entreprise au bord de la faillite ? Pertinente. Sauf qu’ici, c’est notre argent qui part en fumée.


Bercy, ce naufrage organisé

Le budget 2024, concocté par Bruno Le Maire et sa joyeuse bande, était prévu à 4,4 % de déficit. Résultat ? Un spectaculaire 5,8 %, fruit d’une « gestion erratique » – un euphémisme pour dire « on dépense n’importe comment ». Aucune loi de finances rectificative, juste des « coups de rabot » aussi efficaces qu’une cuillère pour vider un océan. Quant à la croissance à 0,7 % prévue pour 2025, elle repose sur des hypothèses aussi solides qu’un château de sable sous la marée.



L’arme nucléaire financière

La menace de non-certification est l’équivalent comptable d’une bombe atomique. Le Haut conseil aux finances publiques la brandit comme un ultime avertissement, mais l’exécutif semble sourd. « Une fois nos rapports écrits, il ne se passe pas grand-chose », soupçonne-t-on. Traduction : nos dirigeants préfèrent jouer aux apprentis sorciers plutôt que de faire leur travail.

Dommage que la Cour des comptes, qui accuse les particuliers d’être responsables de la fraude fiscale, ait « oublié  » dans ses recommandations de faire payer les entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale (on ne dit pas fraude, mais optimisation). Ainsi McKinsey pourrait avoir optimisé 60 millions d’euros d’impôts sur les sociétés en dix ans en France. C’est légal car McKinsey est domicilié dans le Delaware où il est soumis à un forfait fiscal de 175 dollars par an. La sortie très médiatisée de Pierre Moscovici aurait-elle simplement pour objectif de justifier des mesures impopulaires que le gouvernement se sentirait « obligé » de prendre pour ratisser les économies de la population ?

2025, l’année de la honte ?

Alors que François Bayrou promet des « orientations » pour 2026 (quelle précision !), la Cour des comptes exige des actes. Sans quoi, la France pourrait entrer dans l’histoire comme le premier pays de la zone euro à se faire recaler par ses propres auditeurs. Un comble pour une nation qui se rêve encore en puissance économique.

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