Selon cette enquête, le tournant se situe à la fin des années 60 avec la création du Syndicat de la Magistrature (SM), vecteur d’une pensée de gauche — pour autant qu’on puisse estimer que le Parti socialiste soit « de gauche » — au sein du corps judiciaire. Influencée par des doctrines anti-répressives comme la « défense sociale nouvelle », cette minorité agissante a, selon les témoignages recueillis, progressivement noyauté l’École Nationale de la Magistrature, le Conseil Supérieur de la Magistrature et la hiérarchie. Le résultat est un détricotage systématique de la réponse pénale, symbolisé par la circulaire de Christiane Taubira de 2012 incitant à limiter les incarcérations au nom de la surpopulation carcérale.
Cette politisation, culminant avec l’affaire du « Mur des cons » en 2013 où des personnalités politiques et des victimes étaient affichées dans les locaux du SM, a creusé un fossé abyssal entre les décisions de justice et l’attente de fermeté d’une large majorité de Français. Le documentaire pointe également le rôle du Conseil constitutionnel dans la censure répétée des lois sur l’immigration et la sécurité, achevant de dessiner les contours d’un « gouvernement des juges » où une idéologie prend le pas sur la souveraineté populaire et le principe d’impartialité.
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