Pour Alain Soral, cette panthéonisation consacre l’archétype de la « gauche symbolique », ce leurre commode qui substitue au concret des avancées sociales le confort moral des mesures cosmétiques. On encense l’homme, tandis que l’on relègue aux oubliettes l’égalité sociale, et la seule lutte légitime : la juste répartition du travail et des richesses.
Cette canonisation républicaine, en célébrant le sort de trois psychopathes par an plutôt que celui de millions de travailleurs, acte selon lui la mort définitive d’une gauche authentique. Le symbole a trouvé son mausolée, et la trahison sociale, sa consécration.
Ce genre d’opération de communication évoque la moquerie de De Gaulle envers les présidents qui l’avaient précédé. Ils n’avaient pas les pouvoirs que De Gaulle s’était octroyés en changeant la Constitution. Pas plus que n’en a Macron qui se contente d’obéir aux ordres de Bruxelles. Tous ont pour fonction d’« inaugurer les chrysanthèmes », autrement dit d’être des potiches plus ou moins décoratives.
Ne vous affolez pas monsieur Soral. Ne va au Panthéon qu’une boite vide. Un symbole. Un cénotaphe. Qu’ils y mettent un chêvre, cela me va. Tant pis pour Voltaire.