Italie : Syndicats, politiques, unis pour la vaccination et contre les méchants fascistes !

Politique

mise à jour le 11/10/21

Des manifestations ont eu lieu en Italie contre le pass sanitaire obligatoire pour tous à partir du 15 octobre. Samedi 9 octobre Rome et Milan ont été quasiment à feu et à sang… selon Rai News. Dix mille personnes se sont rassemblées place du Peuple à Rome, puis des néo-fascistes de Forza Nuova ont attaqué le siège du syndicat CGIL.

Assaut de la CGIL

Place à géométrie variable

Si on en croit un guide touristique, la place du Peuple à Rome peut accueillir jusqu’à 65 000 personnes. La vidéo de la manifestation la montre bien remplie, mais, selon les médias, il n’y aurait eu que 10 000 manifestants samedi 9 octobre. Est-ce vraiment le bon chiffre ?

Pétards et fumigènes

Après s’être rassemblés place du Peuple, les manifestants se sont répandus devant le palais Chigi [siège du gouvernement]. Le cordon de police a fait exploser plusieurs grenades lacrymogènes pour disperser la foule. La police a ensuite utilisé des canons à eau depuis des véhicules blindés. Une situation très tendue. En réponse les manifestants ont lancé des pétards et des fumigènes. Bref, une situation quasi insurrectionnelle s’est déroulée que la Rai décrit ainsi : « La capitale a connu des heures d’affrontements et de violences, qui ont culminé avec l’assaut du siège national de la CGIL, par quelques manifestants qui ont pénétré dans les locaux, brisant la porte à l’aide de perches et de bâtons. Des insultes ont fusé contre Mario Draghi, les syndicalistes (“bourreaux’), les journalistes (“terroristes”). Fumigènes, drapeaux tricolores et salut romain. »
Sur une vidéo tournée par des manifestants, on entend pourtant « Ne cassez rien » (pas vraiment suivi d’effet) et « Liberté, liberté » ! Plusieurs bombes fumigènes ont semé la panique parmi les citoyens qui faisaient leurs courses.

Les dégâts sont évalués : « La police scientifique poursuit son enquête, mais de sérieuses craintes pèsent sur les œuvres d’art qui ornent les salles du siège de la Confédération. Le couloir d’entrée est complètement saccagé. » Une œuvre de Ennio Calabria (1973) a été trouée. Elle avait été reproduite sur la brochure d’un congrès de psychologues en Sicile intitulé « Psychologie : les occasions manquées et celles à ne pas manquer ». Le syndicat CGIL a en effet manqué de psychologie en soutenant l’obligation du Pass sanitaire pour tous (avec une réserve : conserver la gratuité des tests).

La comédie du danger fasciste

Giuliano Castellino et Roberto Fiore, leaders de l’organisation néo-fasciste Forza Nuova, ont été reconnus lors de l’attaque du siège de la CGIL. Ils étaient sous surveillance spéciale et avaient violé de nombreuses interdictions, mais ils étaient bien présents. Ils ont été arrêtés. Ouf !

Roberto Fiore se définit comme national-révolutionnaire et catholique. Giuliano Castellino, lui, a passé le réveillon 2015 au poste de police après qu’on ait trouvé chez lui 100 grammes de cocaïne et 30 pétards (« C’était pour les feux d’artifice du Nouvel An », s’est-il justifié et il a été acquitté). Ensuite il a été condamné à 5 ans et demi de prison pour avoir agressé deux reporters de L’Espresso.
A lire les bios de ces deux fascistes, on est passé pas loin d’une marche sur Rome. C’est en tout cas ce qu’en a conclu le secrétaire général de la CGIL Maurizio Landini : « L’assaut contre le siège national de la CGIL est un acte d’escadron fasciste. Une attaque contre la démocratie et contre l’ensemble du monde du travail que nous entendons rejeter. Personne ne pense à ramener notre pays aux vingt années de fascisme. »

Syndicats, politiques, unis pour la vaccination

Pour défendre la démocratie, il ne faut pas sous-évaluer le danger. Les partis politiques l’ont bien compris. En France, par exemple, ils ont fait front commun lors de la tentative (bidon) d’incendie de la maison de Richard Ferrand.
Le secrétaire de la CGIL Maurizio Landini a reçu un appel du Premier ministre, Mario Draghi « pour lui exprimer, ainsi qu’à l’ensemble du syndicat, la pleine solidarité du gouvernement pour l’agression qui a eu lieu aujourd’hui au siège de Rome. Les syndicats sont les gardiens fondamentaux de la démocratie et des droits des travailleurs. Toute intimidation à leur encontre est inacceptable et doit être rejetée ».

Une manifestation des syndicats (Cgil, Cisl, Uil) aura lieu le 16 octobre contre les récalcitrants (fascistes bien sûr) à la vaccination. De plus : « Nous demandons que les organisations néo-fascistes et néo-nazies soient mises en position de ne pas nuire en les dissolvant par la loi. »

De son côté, le gouvernement « poursuit ses efforts pour compléter la campagne de vaccination contre le covid-19 et remercie les millions d’Italiens qui se sont déjà engagés avec conviction et sens civique ».

En Italie, la lutte est rude pour maintenir la démocratie face au fascisme (les « anti-vax » étant considérés par le gouvernement et les médias comme des fascistes contre lesquels il faut lutter). En France, ceux qui doutent des bienfaits des vaccins expérimentaux sont plutôt décrits comme des antisémites (et haineux par la même occasion). A part ces différences, la vaccination forcée de tous est le même objectif dans les deux pays.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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