Un coup de force en violation des lois maritimes
Parti de Sicile le 1er juin sous pavillon britannique, le Madleen a été arraisonné à près de 200 km des côtes gazaouies, dans une zone où Israël n’a aucune juridiction. Selon la Freedom Flotilla Coalition, l’assaut a eu lieu aux petites heures, sans aucun fondement légal. « Israël se comporte en État pirate », dénonce Huwaida Arraf, avocate et organisatrice de la flottille.
Benjamin Fiorini, juriste spécialisé, rappelle que cette interception constitue une double infraction : entrave à la liberté de navigation et violation des obligations humanitaires imposées à Israël par la Cour internationale de justice (CIJ). Pourtant, Tel Aviv persiste dans son récit fallacieux, accusant les passagers de « collusion avec le Hamas », sans fournir la moindre preuve.
Gaza sous blocus, la solidarité criminalisée
Depuis près de deux décennies, Gaza subit un blocus inhumain, aggravé par la guerre déclenchée en octobre 2023. Le Madleen transportait du riz et du lait maternisé – des denrées vitales pour une population au bord de la famine. « Israël ne bloque pas des armes, mais de la nourriture pour enfants », s’indigne un membre de l’équipage.
Les militants arrêtés, originaires de plusieurs pays, ont été soumis à des pressions psychologiques, contraints de visionner des images de l’attaque du 7 octobre. Huit d’entre eux refusent de signer leur arrêté d’expulsion dans lequel ils devraient « reconnaître être entrés illégalement sur le territoire israélien ». Ils risquent une comparution devant la justice israélienne – une parodie de procès.
L’impunité israélienne, un scandale qui dure
L’histoire se répète : en 2010, l’assaut meurtrier contre le Mavi Marmara dans les eaux internationales avait déjà illustré l’impunité d’Israël. Aujourd’hui, malgré les condamnations verbales, aucune sanction concrète n’est prise. La rapporteuse de l’ONU Francesca Albanese appelle à défier le blocus, tandis qu’en France, des milliers de manifestants exigent la libération des activistes.
Emmanuel Macron qualifie le blocus de « scandale », mais les mots ne suffisent plus. Comme le clame Rima Hassan : « La résistance continue. » Reste à savoir si la communauté internationale aura enfin le courage d’agir – ou si elle laissera Israël transformer la Méditerranée en zone de non-droit.
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