Forfaits psy gratuits : l’arnaque continue

25 mai 2021 | Société

Prestidigitateur

Les étudiants déprimés par le confinement et l’arrêt des cours dans les facultés peuvent en principe avoir trois  séances gratuites chez un psychologue. Ils manquent de contacts humains, eh bien ! ça continue grâce à la télé-consultation. Au bout de trois séances de 45 mn, ils sont censés aller mieux. Sinon, ils doivent retourner chez un médecin, pour bénéficier de trois séances de plus. Le praticien en décidera. Au bout de six séances : plus d’aide. Qu’ils se débrouillent.

La liste des psychologues qui ont accepté la convention  à la hauteur de 30 € la séance (le tarif est en moyenne de 60 €), directement remboursée par la Sécurité sociale, est accessible sur Internet. Autant dire qu’entre les déserts médicaux (Mantes la Jolie : 0 psy, Trappes : 0, Drôme : 9) et les endroits trop chics pour des consultations à 30 € (Saint Germain en Laye : 0 psy, Louveciennes : 0, Nice : 1, Cannes : 1), il n’est pas facile de trouver un psychologue.

Echec du forfait psy étudiants

Il y a 1,6 million d’étudiants. En 2020, 31 % se déclarent déprimés. Pour obtenir un rendez-vous dans les Bureaux d’aide psychologique universitaires, il faut quatre mois d’attente… Lourdeurs administratives, tarif peu attractif pour les psychologues : malgré la gratuité pour les patients, seulement 905 rendez-vous ont été pris pour le forfait trois séances gratuites au 10 avril selon Le Monde. Heureusement pour le moral, il y a les numéros verts.

Macron récidive avec les 3-17 ans

Pour les 3 à 17 ans, il s’agit d’un forfait pris en charge à 100 % de 10 séances chez le psychologue. Ce forfait d’urgence annoncé le 14 avril sera mis en place début juin. Il ne s’adresse qu’à ceux dont l’entourage a remarqué des troubles du comportement et des signes légers à modérés de détresse psychologique, liés au mesures sanitaires. Les parents décideront s’il y a lieu d’avoir recours à ce dispositif. Ensuite ce seront les médecins. Ce ne sera donc pas une réponse directe à l’augmentation de 40 % des urgences psychiatriques, mais plutôt de la prévention. Les cas graves devront attendre un an et demi pour obtenir un rendez-vous. Les adolescents qui n’ont pas envie de consulter le médecin de papa-maman ne sont pas concernés par ce forfait. 

Pas de séance chez un psy en ville comme annoncé, mais face à un écran

Macron avait annoncé que les séances se dérouleraient chez un psychologue de ville. Pas du tout. Il s’agissait de donner l’impression d’être à l’écoute de l’inquiétude des soignants du CHU de pédopsychiatrie de Reims que Macron était allé visiter. Il fallait donner une réponse à la hausse des urgences en pédopsychiatrie. En fait, la réponse est un pur effet d’annonce. Il n’y aura pas de contact humain. Les séances de 30 mn (45 mn pour la première) seront faites, comme pour le forfait étudiant, à distance, par téléphone ou par visio, en accord avec l’enfant ou l’adolescent et avec le titulaire de l’autorité parentale (parent ou tuteur). En toute intimité. Une fois de plus les adolescents apprécieront. Après l’entretien initial d’évaluation et à l’issue du parcours, le psychologue transmettra un compte-rendu au médecin qui suit l’enfant. En toute confidentialité.
La liste des psychologues partenaires sera disponible sur le site https://psyenfantado.sante.gouv.fr début juin. Les psychologues débutants répondront certainement présents.

Sur les  530 000 étudiants souffrant de dépression, il y a eu 905 rendez-vous dans le cadre du forfait psy. Pour les 3 à 17 ans le gouvernement prévoit 400 000 rendez-vous d’ici la fin de l’année… 

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.