Le DSA, cheval de Troie de la répression numérique
Entré en vigueur en août 2023, le DSA impose aux géants du web une modération renforcée, officiellement pour lutter contre les discours haineux et protéger les mineurs. Un objectif louable en théorie, mais dont l’application ressemble de plus en plus à une chasse aux sorcières idéologique. Car ce que Guiroy a lâché, presque malgré lui, c’est que YouTube ne se contente plus de supprimer les contenus violents ou haineux – il bride aussi des vidéos qui ne violent aucune loi, simplement parce qu’une poignée de bureaucrates non élus les jugent « indésirables ».
Où est la ligne rouge ? Il n’y en a plus. La modération, autrefois encadrée par des règles transparentes (aussi discutables fussent-elles), se transforme en une mécanique opaque où le critère ultime n’est plus la légalité, mais la convenance politique. Et cela, sous la pression directe d’institutions européennes qui, sous prétexte de « protéger » les citoyens, s’arrogent un pouvoir exorbitant : celui de décider ce qui peut – ou ne peut pas – être vu.
🚫 CENSURE NUMÉRIQUE – Quand YouTube France par la voix de Thibault Guiroy, admet qu’il bride des contenus légaux juste parce qu’ils sont jugés “nuisibles” par des fonctionnaires européens…
➡️ Ce n’est plus de la modération.
➡️ C’est de la censure politique.
Et c’est assumé. pic.twitter.com/VuFaP3yvsI— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) June 20, 2025
L’hypocrisie en HD : YouTube, un modérateur à géométrie variable
Le plus grotesque dans cette affaire ? L’écart abyssal entre la politique de modération de YouTube en Europe… et celle appliquée aux États-Unis. Alors qu’ici, on musèle des contenus légaux au nom d’une prétendue « harmonie numérique », la plateforme a assoupli ses règles outre-Atlantique. Motif officiel ? « L’intérêt public ». Traduction : là où la pression politique et médiatique le permet, YouTube lâche du lest. Mais en Europe, où les régulateurs ont le bras long, la plateforme préfère plier l’échine.
Cette schizophrénie ne surprendra personne. Les GAFAM n’ont jamais eu de colonne vertébrale – seulement des algorithmes calibrés pour éviter les ennuis. Reste que le double discours est désormais si flagrant qu’il en devient indéfendable. La modération n’est plus une question de principe, mais de rapport de force.
Qui contrôle les contrôleurs ?
Le vrai scandale, c’est l’absence totale de contre-pouvoir. Quand une poignée de fonctionnaires non élus peuvent, dans l’ombre, dicter ce que des millions d’Européens ont le droit de regarder, on ne parle plus de régulation, mais de gouvernance technocratique. Où sont les débats publics ? Où sont les recours possibles pour les créateurs censurés sans justification légale ? Le DSA, en confiant un pouvoir discrétionnaire aux plateformes et aux régulateurs, a instauré une censure préventive digne des régimes les plus liberticides – mais avec l’hypocrisie en plus.
La démocratie numérique, un mirage qui se fissure
L’aveu de YouTube France devrait faire l’effet d’une déflagration. Il ne s’agit plus de modération excessive ou de maladresses algorithmiques, mais d’une collusion assumée entre Big Tech et bureaucrates pour étouffer des idées gênantes. Le pire ? Cette censure sournoise avance masquée, sous des prétextes vertueux : « protection des utilisateurs », « lutte contre la désinformation », « sécurité en ligne ». Des mantras répétés à l’envi pour faire passer la pilule.
Mais derrière l’écran de fumée, la réalité est simple : on est en train de privatiser la répression. Les plateformes, sous la menace de sanctions astronomiques, deviennent les bras armés d’États de plus en plus intrusifs. Et les citoyens, eux, n’ont même pas leur mot à dire.
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