Confinement en Guadeloupe et Martinique : répétition générale avant la métropole

mise à jour le 19/09/21

Macron Projet

Indication de mise en scène : la situation est dramatique

En Guadeloupe, comme en Martinique, « les services hospitaliers sont obligés de commencer à trier les malades du Covid, à cause d’une explosion dramatique des cas.  » [Toujours des « cas », pas de malades…] «  Hôpitaux saturés et faibles taux de vaccination. » Martinique : « L’hôpital de Fort-de-France est submergé : 349 morts en Guadeloupe depuis le début de l’épidémie. » [Communiquer sur le chiffre cumulé, ça fait peur !] « Les médecins appellent plus que jamais la population à se faire vacciner. » 

Où sont les malades ? où sont les décès ?

Martinique : « Covid-19 : le nombre de cas multiplié par 10 en un mois. » [Toujours les « cas »…]
Rien n’apparaît dans les médias sur les décès journaliers. Les chiffres, pourtant officiels, ne sont pas mis au premier plan, mais en cherchant bien, on trouve :

Martinique : 5 décès du covid par semaine,
Guadeloupe : 1 décès du covid par semaine.

 

 

Pourquoi tant de défiance ?

La méfiance des Martiniquais et des Guadeloupéens envers le gouvernement et les békés, descendants des colons européens esclavagistes, qui ont utilisé le chlordécone, est grande. Elle s’est traduite par une abstention de 69,1 % en Guadeloupe et de 55,17 % en Martinique aux élections régionales. Et surtout, le taux de vaccination est de moins de 15 % dans les deux îles…

Chlordécone/vaccination » : deux poids, deux mesures

Le chlordécone est un pesticide ultra-toxique utilisé jusqu’en 1993 dans les bananeraies. 1972 : Chirac donne au chlordécone une AMM provisoire. 1975 : le produit est interdit aux États-Unis. 1979 : l’OMS le classe cancérogène possible. 1981 : Edith Cresson, la ministre de l’Agriculture, lui accorde l’AMM. 1990 : la France finit par l’interdire sur tout le territoire. Guy Lordinot (alors député socialiste de la Martinique et pharmacien), représentant les gros planteurs de bananes, fait une demande de dérogation pour une prolongation jusqu’en 1995. Demande refusée par Henri Nallet, ministre de l’Agriculture, qui précise qu’il y a un délai de deux ans à partir du retrait d’autorisation, ce qui permet d’utiliser le produit jusqu’en 1992. Par deux dérogations des ministres de l’agriculture, Louis Mermaz et Jean-Pierre Soisson, le chlordécone est autorisé aux Antilles jusqu’en 1993. Yves Hayot, président du groupement des producteurs de bananes de Martinique, a reconnu qu’il avait fait du lobbying auprès de J.-P. Soisson pour l’obtention des dérogations. Plus de 90 % des Martiniquais sont contaminés et ont deux fois plus de risque d’avoir un cancer de la prostate qu’en France.  Depuis trente ans les ouvriers agricoles attendent des indemnisations. Les habitants et la nature en Guadeloupe et Martinique sont contaminés pour des siècles.

Un peuple en mauvaise santé

L’esclavage et l’empoisonnement au chlordécone sont à l’origine de la méfiance envers la politique sanitaire du gouvernement, certes, mais les Antillais réfléchissent aussi à ce que sont les vaccins et les causes réelles de la maladie. En témoigne l’analyse de l’Union générale des travailleurs de la Guadeloupe :

« Les vaccins COVID sont créés avec du matériel génétiquement modifié. […] Il s’agit donc bien de l’intrusion dans notre corps d’un produit d’une biotechnologie, voire d’un programme susceptible de modifier notre corps, notre génome, notre ADN, notre patrimoine identitaire qui fait de nous ce que nous sommes, et que nous sommes susceptibles de transmettre à nos enfants, nos petits-enfants et à l’humanité toute entière. »

Quant au Covid : « La COVID ne tue pas parce qu’elle est virulente mais parce que notre corps est mal, et malade du fait de comorbidités. […] Que nous soyons 20 % ou 80 % de vaccinés, nous serons toujours exposés aux désagréments de la Covid-19, parce que nous le rappelons, la prévalence des maladies chroniques est scandaleuse en Guadeloupe :

11 % des adultes sont atteints du diabète
33 % des adultes sont atteints d’hypertension artérielle
57 % des Guadeloupéens sont en surcharge pondérale dont 23 % sont obèses
La leptospirose, la dengue et le cancer de la prostate touchent plus d’une centaine de Guadeloupéens chaque année.

Tout ceci dans un environnement social, économique et psychologique qui fait le lit de la pauvreté, de toutes les précarités (28,6 % des ménages sont allocataires du RSA, 25 % des Guadeloupéens sont en situation d’illettrisme, 30 % de la population active est piégée dans le chômage).

Ce sont là de vrais sujets de santé publique qu’il convenait de prendre en compte dans la lutte contre la Covid-19. »

Le confinement met le feu aux poudres

La Martinique est reconfinée depuis le 1er août, pour au moins trois semaines. Deux heures après l’instauration du nouveau couvre-feu, un vaccinodrome et une pharmacie sont incendiés lors d’affrontements entre une centaine de manifestants et les forces de l’ordre à Fort-de-France.

En Guadeloupe, depuis le 13 août, un « confinement strict » interdit l’accès aux plages, limite les déplacements à un kilomètre autour du domicile et oblige les commerces non-alimentaires à fermer. Des « forcenés » (dixit la presse) tentent de mettre le feu à un vaccinodrome.

L’« aide » des pompiers mal accueillie par… les pompiers

L’Armée ajoute vingt lits de réanimation supplémentaires à Fort-de-France. Seront-ils suffisants pour accueillir les 6 669 nouveaux « cas » (en moins d’une semaine) ? Le 10 août, 240 soignants partent pour une mission d’appui de 15 jours dans les Antilles. Viennent également 5 pompiers de Haute-Loire, des pompiers de l’Eure, ainsi que 27 sapeurs-pompiers de Paris [ces derniers font partie de l’Armée].

Les pompiers de Guadeloupe, opposés à la « vaccination » annoncent avoir besoin de moyens matériels, mais pas besoin de collègues métropolitains triés sur le volet.

Pédagogie par les nuls 

Avec condescendance, Le Parisien tente une explication à cette  défiance : « En Martinique, le vaccin mis à mal par les croyances : “On s’est toujours soignés avec les plantes du pays » ». Attention ! la confiance en Pfizer, Moderna et AstraZeneca n’a rien à voir avec une croyance ou une superstition. 

L’ivermectine, jugée trop efficace, est retirée des pharmacies par la gendarmerie. Les réserves d’oxygène sont à présent inaccessibles. Tout est fait pour que les malades n’aient comme recours que les vaccins encore et toujours. Un témoignage décrit la situation en Martinique, à écouter ici.

Gabriel Attal : « On pourra toujours faire mieux en termes de communication et de pédagogie. » Par exemple, selon lui : « Les tests à répétition n’empêchent pas d’aller à l’hôpital et de contaminer fortement. » Les vaccins à répétition non plus. C’est le cas en Israël. Heureusement le CheckNews de Libération est là pour nous éclaircir les idées :

« Covid 19 : est-il vrai que la majorité des personnes hospitalisées en Israël sont vaccinées ? C’est vrai, mais cela ne prouve pas l’inefficacité des vaccins. Les vaccinés hospitalisés sont proportionnellement bien moins nombreux que la part de personnes à risque vaccinées, démontrant que la vaccination réduit fortement le risque d’être admis à l’hôpital. »

Vous n’avez pas compris ? Moi non plus !

A quoi servent les confinements ?

En 2020, le premier confinement en Guadeloupe et en Martinique a fait baisser de – 20 % l’activité économique. Fin juin 2020, 2 200 emplois salariés ont été détruits en Martinique par rapport à l’année précédente et 2 000 en Guadeloupe. En Martinique, en 2020, le taux de chômage est de 12 % (60 % des moins de 25 ans sont au chômage), en Guadeloupe il est de de 17 %. Le prochain confinement va aggraver la situation économique déjà bien atteinte par le premier confinement (voir graphiques ci-dessous).

Le confinement aggrave la pauvreté et les maladies qu’elle génère. Violent, il engendre la violence. Cette solution finale est très mal accueillie. On se demande bien pourquoi.

L’exemple de la Guadeloupe et de la Martinique serait-il une répétition de ce qui attend la métropole ? Si les femmes enceintes et les enfants ne se vaccinent pas, malgré les arguments pédagogiques (interdiction de se déplacer, de se faire soigner, de se distraire), si les personnes âgées oublient leur troisième injection, un confinement risque de s’abattre sur la métropole. Et ça va faire mal ! Si ce n’est pas de la pédagogie, ça ?

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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