Cette russe à déménagé en France et parle de son expérience pic.twitter.com/6d3HnRaNdq
— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) April 24, 2025
Le logement, lui, se négocie 700 euros le placard à balais, avec propriétaire expert en haussement d’épaules et voisins adeptes du bruit comme art martial ; côté mobilité, le TER menace ruine, les quais accueillent volontiers le geste technique du quidam alcoolique, et la SNCF, fleuron du nouveau monde, transforme le simple déplacement en spectacle de survie ; les impôts composent un escape game dont Bercy garde les solutions sous clé, et la préfecture, temple de la vertu matinale, vous apprend qu’arriver à six heures pour une ouverture à dix n’est qu’une mise en bouche avant le fameux « revenez demain ». L’intéressée sourit encore. On appelle cela la douceur de vivre, version macronie, une copie conforme de la vie d’une Russe ordinaire du temps de Staline.
Appartements, familles, scientifiques, travail, confort et utilité, tout ça est gangrené. Rien ne bouge. La bureaucratie soviétique a tout englouti dans sa gueule d’enfer. Chaque pas, chaque geste que fait le citoyen soviétique est une épreuve qui prend des heures, des jours et parfois des mois. Des magasins sont ouverts. C’est la vie. Mais ils font faillite et ça c’est la gangrène. Et c’est comme ça pour tout.
Journal, Mikhaïl Boulgakov
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