Une décision tardive mais salutaire
Il aura fallu des révélations accablantes sur les investissements chez un fabricant de composants pour des avions de chasse – ces engins de mort déployés sans scrupules par l’armée israélienne – pour que le fonds norvégien, gérant d’actifs colossaux issus du pétrole, daigne enfin aligner ses pratiques sur ses prétendues valeurs éthiques. Ce désengagement, bien que symbolique, expose au grand jour comment des capitaux « propres » ont pu irriguer les veines d’une industrie belliqueuse, responsable d’innombrables souffrances à Gaza. On ne peut s’empêcher de sourire amèrement en constatant que l’éthique financière ne s’éveille qu’après l’odeur du scandale.
🇳🇴 Gaza : le fonds souverain de Norvège, le plus important au monde, a annoncé se séparer de ses parts dans 11 entreprises israéliennes après des révélations sur sa participation dans un fabricant israélien de moteurs équipant des avions de chasse, en pleine guerre à Gaza. pic.twitter.com/1UdWpfzlMG
— Agence France-Presse (@afpfr) August 11, 2025
Gaza : le catalyseur d’un réveil mondial
La crise humanitaire à Gaza, orchestrée avec une précision chirurgicale par les forces israéliennes, sert de toile de fond à cette volte-face norvégienne, rappelant que les bombes ne tombent pas du ciel sans complices économiques. En vendant ces participations, le fonds non seulement se lave les mains d’une culpabilité partagée, mais il envoie un signal aux autres investisseurs : tolérer l’occupation et les exactions n’est plus une option viable dans un monde où la solidarité internationale commence, enfin, à grignoter les bastions de l’impunité. Pourtant, ce geste isolé ne saurait effacer des décennies de silence complice face à un régime qui défie les normes internationales avec une arrogance coutumière.
Vers une pression accrue sur l’État hébreu
Cette initiative norvégienne pourrait bien inspirer d’autres fonds souverains à examiner leurs portefeuilles tachés par les liens avec Israël, amplifiant ainsi une pression économique qui, si elle se généralisait, ébranlerait les fondations d’une économie dopée par la militarisation. Ironie du sort, c’est au nom de l’éthique que l’on frappe au portefeuille, là où les appels à la raison et à la justice ont si souvent échoué. Reste à espérer que ce n’est pas qu’un feu de paille, mais le début d’un isolement bien mérité pour un État qui persiste dans son déni destructeur.
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