Les termes d’un accord évasif
Selon des informations du Corriere della Sera, un sommet à Abu Dhabi pourrait acter un échange complexe : un retrait ukrainien du Donbass contre des garanties de sécurité et un plan de financement colossal. Ce schéma, évoqué par d’autres sources comme l’agence TASS, confierait la gestion du fonds à Larry Fink. L’objectif affiché est de relever les infrastructures dévastées du pays. Cependant, cette manne ne constituerait pas une aide désintéressée, mais le socle d’un vaste partenariat où l’investissement privé chercherait nécessairement sa rémunération.
La mainmise discrète de BlackRock
Ce fonds, alimenté par des capitaux publics et privés, trouverait son architecte en la personne de Larry Fink. BlackRock, déjà conseiller du gouvernement ukrainien depuis 2022, a renforcé son implication. L’entreprise collabore désormais avec la Banque mondiale et des émissaires de l’administration Trump, dont Jared Kushner, pour peaufiner les mécanismes de cette reconstruction. Une task-force dédiée a été formée fin 2025. Si ses services initiaux sont présentés comme bénévoles, le gestionnaire d’actifs perçoit traditionnellement des commissions substantielles sur les sommes déployées, une rente annuelle qui se chiffrerait en milliards.
Une méthode éprouvée
L’approche de BlackRock n’a rien de fortuit. Son expansion s’est historiquement nourrie des crises qu’on lui confiait. Lors du krach de 2008, la Réserve fédérale américaine lui délégua la gestion d’actifs problématiques, lui permettant de multiplier son portefeuille. Durant la « pandémie » de Covid-19, un nouveau mandat public lui offrit un rôle central dans le soutien aux marchés obligataires. Chaque fois, son influence et ses actifs sous gestion ont connu une progression décisive.
Le scénario ukrainien s’inscrirait dans cette logique. En pilotant le fonds, BlackRock s’assurerait non seulement des revenus récurrents, mais aussi du pouvoir d’orienter les flux de capitaux vers des secteurs stratégiques, renforçant ses propres positions. Cette influence, parfois dépeinte comme un prolongement du « soft power » américain, suscite des interrogations.La reconstruction sera guidée par la rentabilité financière plus que par l’intérêt général ukrainien, dans un contexte où les détails du plan de paix restent non officiels.
Les dessous d’une paix négociée
La concrétisation de ce schéma marquerait une évolution notable : la finance internationale se poserait en garante d’une stabilité retrouvée. BlackRock, à travers son « prosperity plan » pour l’Ukraine, endosserait le rôle de facilitateur. Reste à savoir qui, in fine, bénéficierait le plus de cet arrangement. Les populations locales, ou les actionnaires d’un gestionnaire d’actifs maîtrisant l’art de prospérer sur les décombres ? Les discussions se poursuivent dans l’opacité, mais le principe semble déjà acté : dans l’ordre géopolitique contemporain, aucun retour à la paix ne semble pouvoir s’énoncer sans le concours des marchés.
Prospérité sous les décombres
Le nouveau Conseil de la paix (ticket d’entrée : un milliard de dollars), présidé par Trump, se présente en rival de l’ONU (pas de ticket d’entrée). À Gaza, il dirigera le projet de reconstruction présenté par Jared Kushner, marié à Ivanka Trump, fille aînée de Donald Trump, et Steve Witkoff, gros promoteur immobilier. Il dit vouloir transformer la bande de Gaza, dévastée par les bombardements israéliens, en une destination touristique futuriste composée d’hôtels de luxe et de trains à grande vitesse. Coût total : 112 milliards de dollars sur dix ans. Pourquoi se limiter à Gaza ? Il y a aussi l’Ukraine à reconstruire et tant d’autres destinations prêtes à subir de très rentables guerres et reconstructions.
Puisse Vladimir Vladimirovitch mettre à Finck son plan de reconstruction BlackRock de l’Ukraine dans le boule. Mais alors, profondément.