Société

De la Chine à la Russie, les propos de Céleste Amarilla font scandale : le Paraguay désavoue sa sénatrice

Après avoir comparé Kylian Mbappé à un chimpanzé, parlé de noix de coco puis l’avoir traité de « fils de pute », Céleste Amarilla est désavouée au Paraguay. Presse, responsables politiques et citoyens dénoncent une sénatrice qui a offert au pays une publicité mondiale désastreuse.

mise à jour le 10/07/26

Au Paraguay, la colère grandit contre une sénatrice devenue le visage mondial d’un scandale raciste.

Les propos de Céleste Amarilla contre Kylian Mbappé ne sont plus une polémique locale. La presse paraguayenne parle de scandale mondial, le gouvernement se désolidarise de la sénatrice et le Sénat condamne officiellement ses déclarations. Pendant ce temps, l’affaire circule en Europe, en Russie, en Chine, en Inde et dans les Amériques. Une publicité désastreuse pour un pays que son élue ne représente pas.

Le Paraguay aurait dû quitter la Coupe du monde avec les honneurs. Son équipe venait de livrer un parcours remarqué, porté par un peuple passionné et une sélection capable de tenir tête à la France jusqu’aux dernières minutes. En quelques publications, Céleste Amarilla a totalement effacé cette image.

La sénatrice paraguayenne a parlé de « chimpanzés », de « noix de coco » et de « Camerounais colonisé » pour attaquer Kylian Mbappé. Convoquée ensuite à s’expliquer devant ses collègues, elle a persisté en traitant le capitaine français de « fils de pute ». À ce stade, la colère provoquée par un match ne peut plus servir d’excuse.

Le plus grave pour le Paraguay tient au statut de celle qui prononce ces mots. Céleste Amarilla n’est pas une supportrice anonyme écrivant sous le coup de la défaite. Elle est sénatrice de la République. Lorsqu’une représentante nationale s’exprime ainsi, ses paroles franchissent immédiatement les frontières et finissent, à tort, par être associées à tout un pays.



La presse paraguayenne parle de scandale mondial

Les grands médias du pays n’ont pas cherché à minimiser l’épisode. La Nación parle directement d’un « scandale mondial ». Le quotidien décrit des commentaires racistes ayant placé Céleste Amarilla, mais aussi le Paraguay, sous les regards de la presse internationale.

Diario HOY estime que la réponse de Mbappé a laissé la sénatrice dans une situation de « honte internationale ». Le média insiste sur un point essentiel : le joueur français a défendu l’honneur du peuple paraguayen tout en séparant clairement la population des propos de son élue.

ABC Color a recensé les nombreuses condamnations politiques venues du pouvoir comme de l’opposition. Le journal parle de propos racistes et xénophobes ayant provoqué un rejet local avant de devenir une affaire internationale.

Ce traitement médiatique compte. Les rédactions paraguayennes ne défendent pas Céleste Amarilla au nom d’une solidarité nationale mal placée. Elles racontent au contraire comment une sénatrice a exposé son propre pays à une humiliation évitable.


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Le gouvernement refuse que ses paroles soient attribuées au peuple paraguayen

La réaction officielle a été rapide. Dans un communiqué repris par ABC Color, le gouvernement paraguayen dit « déplorer et rejeter » les déclarations de Céleste Amarilla. La diplomatie du pays les juge contraires au respect de la dignité humaine et aux principes défendus par le Paraguay.

Le communiqué contient surtout une phrase destinée au reste du monde : les propos de la sénatrice relèvent de sa « responsabilité individuelle » et ne représentent « ni la position du gouvernement de la République du Paraguay ni le peuple paraguayen ».

Le président du Congrès, Basilio Núñez, a tenu le même langage. « Ces commentaires ne représentent pas les valeurs authentiques des Paraguayens », a-t-il déclaré en condamnant des messages racistes, xénophobes et incitant à la violence.

Le vice-président Pedro Alliana a rappelé que le football devait unir les peuples et qu’aucune discrimination ne pouvait trouver sa place dans cet espace. La députée Johanna Ortega a également rejeté les déclarations de la sénatrice : « La passion ne peut jamais justifier le racisme ni les discours de haine. »

Ces réactions ne viennent pas toutes du même camp politique. C’est précisément ce qui rend le rejet difficile à balayer d’un revers de main. Gouvernement, majorité, opposition et présidence du Congrès ont compris le danger : laisser parler Céleste Amarilla sans répondre aurait pu être interprété comme une acceptation.

Le Sénat paraguayen condamne officiellement sa propre élue

Le 8 juillet, après plus de cinq heures de discussion, le Sénat paraguayen a adopté une résolution condamnant les « expressions discriminatoires et racistes » de Céleste Amarilla.

La Chambre haute a affirmé son « rejet absolu » du racisme et précisé que les déclarations de la parlementaire ne représentaient pas sa position. Le vote était devenu nécessaire pour protéger l’institution, mais également pour éviter que le silence du Sénat soit compris comme une forme de complaisance.

La séance a pourtant donné une nouvelle dimension au malaise. Au moment même où ses collègues examinaient une résolution sur ses attaques, Céleste Amarilla a de nouveau insulté Mbappé en le qualifiant de « fils de pute ». Elle n’a donc pas seulement refusé de calmer la situation. Elle a offert une nouvelle séquence aux médias étrangers.



De la Chine à la Russie, l’affaire est devenue mondiale

Le terme de « scandale mondial » n’est pas exagéré. En France, l’affaire a été reprise par Le Monde, les chaînes d’information et la presse sportive. En Espagne, Cadena SER a rapporté la nouvelle insulte prononcée devant le Sénat.

En Russie, Sport-Express a repris les attaques racistes et la réponse du capitaine français. En Chine, le média Guancha a détaillé les références aux noix de coco et aux chimpanzés, tout en rapportant la condamnation du gouvernement paraguayen.

L’histoire a également été couverte en Inde par le Times of India, aux États-Unis par Associated Press, en Afrique et jusque dans la presse du Moyen-Orient.

L’ONU s’en est mêlée à son tour. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a qualifié les déclarations de « racistes », « déshumanisantes » et « méprisables ». La FIFA, la Fédération française de football, Emmanuel Macron, le gouvernement français et le Real Madrid ont aussi condamné la sénatrice.

Les Paraguayens refusent de porter la faute d’une sénatrice

Dans les réactions publiques relayées par la presse et sur les réseaux sociaux, le même refus revient : Céleste Amarilla ne parle pas au nom du Paraguay. Beaucoup de citoyens ne cherchent même pas à défendre Mbappé sur le fond du match. Ils demandent simplement que leur pays ne soit pas résumé aux paroles d’une parlementaire incapable de se maîtriser.

Cette distinction est indispensable. Les habitants du Paraguay ne sont pas collectivement responsables des propos de Céleste Amarilla. Les condamnations venues d’Asunción prouvent même le contraire. La presse nationale les a nommés pour ce qu’ils sont, les responsables politiques les ont rejetés et le Sénat les a condamnés par un vote.

Mais le dommage est déjà là. Pendant plusieurs jours, le nom du Paraguay a été associé dans le monde entier aux mots « racisme », « chimpanzé », « noix de coco » et « fils de pute ». La performance de la sélection, l’énergie des supporters et la fierté d’un retour au premier plan ont été repoussées derrière les déclarations d’une seule personne.

Mbappé avait parfaitement résumé le problème en s’adressant à la sénatrice : « Vous ne représentez pas le Paraguay. » Il ajoutait que son racisme avait fait oublier au monde le parcours historique des joueurs paraguayens pour ne laisser qu’une femme donnant « la pire image possible de son pays ».

Céleste Amarilla ne représente pas tout un peuple. Elle reste néanmoins sénatrice de ce peuple. C’est cette contradiction qui rend ses paroles si lourdes et explique pourquoi autant de Paraguayens, de journalistes et de responsables politiques ont tenu à se désolidariser publiquement d’elle.



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