Pour Youssef Hindi, la République française a d’abord voulu remplacer la matrice catholique du pays par une religion civique, avant d’échouer à produire autre chose qu’un culte de substitution bricolé entre raison, morale républicaine, maçonnerie, socialisme et vieilles rancœurs anticléricales. De la Révolution française à la crise contemporaine, il décrit une trajectoire où la destruction du catholicisme a progressivement libéré l’inégalitarisme, le nihilisme social et l’effacement des fondements anthropologiques : famille, filiation, transmission, souveraineté, volonté de vivre.
Dans cette lecture, la laïcité n’apparaît plus comme une neutralité majestueuse, mais comme un paravent commode, sévère avec les uns, délicatement aveugle avec les autres. La République, privée de sacré, privée de peuple, privée même d’idéal cohérent, continuerait donc à scier la branche française sur laquelle elle trône encore, avec cette élégance très administrative des régimes qui meurent en tamponnant leurs propres certificats de décès.
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