Société

Un ex-gendarme condamné à Caen pour détention d’images pédopornographiques : 6 500 fichiers retrouvés sur son téléphone

Un ancien gendarme de Saint-Vaast-la-Hougue a été condamné ce jeudi 4 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Caen. Les enquêteurs avaient retrouvé près de 6 500 images pédopornographiques sur son téléphone. L’homme écope de deux ans de prison avec sursis, avec obligation de soins et interdiction de travailler auprès d’enfants pendant dix ans. En France, la prostitution est légale, mais sa clientèle est dans l'illégalité. La consultation d'images pédopornographiques est illégale, mais sa production n'a pas été jugée au tribunal de Caen. Les enfants restent les oubliés de cette affaire qui fait la Une des médias.

mise à jour le 05/06/26

Quand un homme chargé de faire respecter la loi finit devant le tribunal, on appelle ça comment ?

Un ancien gendarme de Saint-Vaast-la-Hougue, dans la Manche, a été condamné ce jeudi 4 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Caen. Il était poursuivi pour avoir détenu et consulté près de 6 500 images pédopornographiques. La juridiction lui a infligé deux ans de prison avec sursis, assortis d’une obligation de soins et d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

L’affaire avait provoqué un choc à Saint-Vaast-la-Hougue, commune du Val de Saire où l’homme était affecté avant sa mise en cause. En avril dernier, ICI Cotentin et la cellule investigation de Radio France avaient révélé qu’un gendarme de cette petite ville du Cotentin avait été mis en examen pour détention d’images pédopornographiques. Âgé de 38 ans, il n’est désormais plus militaire.

Près de 6 500 fichiers retrouvés sur son téléphone

À l’audience, l’ancien gendarme comparaît en manteau beige, les cheveux courts, le regard souvent baissé. La présidente du tribunal correctionnel de Caen reprend un à un les éléments découverts par les enquêteurs de la brigade de recherche de Caen.



Sur son téléphone, les investigations ont permis de retrouver 6 469 images pédopornographiques. Certains fichiers avaient été supprimés, mais les spécialistes techniques de la gendarmerie sont parvenus à les récupérer. Selon les enquêteurs, les contenus concernaient majoritairement des filles âgées de 9 à 12 ans. Le dossier mentionne des photos de nues, des vidéos de viols, ainsi que des images de zoophilie.

L’ancien gendarme, marié et père de trois enfants, consultait ces contenus le soir, dans la salle de bains, à l’écart de sa famille. Les recherches menées sur son activité en ligne ont aussi permis de retracer des connexions sur internet et sur des réseaux cachés.

C’est d’ailleurs par ce biais que l’homme a été repéré. La cellule de renseignements financiers avait identifié des paiements en cryptomonnaies en lien avec des sites diffusant des contenus pédopornographiques. À l’audience, la présidente cite également les mots-clés utilisés dans ses recherches. Parmi eux : « Alice in wonderland » (« Alice au pays des merveilles »), une expression connue des réseaux pédocriminels, mais aussi « Child sexual abuse materials » (« contenus d’abus sexuel d’enfants »).

Pour les enquêteurs, la thèse d’une découverte involontaire ne tient pas. Les fichiers ont été recherchés, consultés et acquis volontairement.

L’ancien militaire reconnaît les faits

Face au tribunal, le prévenu reconnaît les faits. Visiblement marqué, il parle d’une voix basse. Il explique souffrir depuis longtemps d’une addiction à la pornographie, qui aurait progressivement « glissé » vers des contenus pédopornographiques.



La présidente l’interroge directement sur ce point : « Vous avez des enfants qui ont ces âges, vous n’imaginez pas qu’il y a des enfants derrière ces photos et vidéos ? » L’ancien gendarme répond : « Quand on consulte, on ne pense pas à ça. » Il ajoute : « Il faut arriver à se dire qu’on a un problème, et c’est compliqué. »

Depuis sa mise en cause, il indique avoir entamé un suivi avec un psychologue dans un centre d’addictologie. Il reconnaît toutefois que ce travail prendra du temps et qu’il ne parvient pas encore à expliquer précisément ce passage vers des contenus pédopornographiques.

Deux ans de prison avec sursis et interdiction de contact professionnel avec des mineurs

Dans ses réquisitions, la procureure de la République avait demandé deux ans de prison avec sursis, une obligation de soins, l’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole au contact d’enfants pendant dix ans, ainsi que l’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.

Le tribunal correctionnel de Caen a suivi ces réquisitions. L’ancien gendarme de Saint-Vaast-la-Hougue devra donc respecter une obligation de soins et ne pourra pas travailler ni faire du bénévolat auprès de mineurs pendant dix ans. Son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles a également été ordonnée. Quant aux enfants figurant dans les vidéos, ils ne sont pas du ressort du tribunal.

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