Ce scandale a pris une telle dimension que les ministres de l’Intérieur et de la Justice ont ouvert ce 3 juin « une enquête administrative confiée à l’inspection générale de la justice et à l’inspection générale de la gendarmerie nationale pour identifier évidemment d’éventuels dysfonctionnements ».
Nul n’a oublié la colère de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, lorsque la présidente de la Commission parlementaire d’enquête sur l’inceste, Maud Petit, avait osé lui signaler les retards dans l’action des forces de l’ordre en cas de danger pour un enfant victime de viol ou d’inceste. Son affirmation sur l’intervention immédiate de la police et de la gendarmerie a été une nouvelle fois démentie par le drame de Lyhanna.
Mardi soir, le procureur de la République de Toulouse a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) que ce père de 41 ans, mis en examen et placé en détention pour cette affaire, avait fait l’objet d’une plainte pour viols le 22 août 2025 par les parents d’une fillette de 10 ans devant la brigade de gendarmerie de Plaisance du-Touch, en Haute-Garonne.
Comme l’agression avait eu lieu à Montestruc-sur-Gers, village où réside la famille, dans le Gers, le parquet de Toulouse a transféré le dossier au parquet d’Auch, qui n’a transmis la plainte à la gendarmerie de Fleurance qu’en janvier dernier, a déclaré la procureure d’Auch Clémence Meyer, précisant que « l’enquête est toujours en cours ».
L’enfant avait alors confié à sa mère et au compagnon de cette dernière avoir subi des mois durant des pénétrations qui lui avaient « fait très mal ». Il y a cinq ans, le suspect avait été licencié de son emploi au lycée de Lectoure « après une procédure disciplinaire à la suite du signalement d’un comportement inapproprié envers une lycéenne », a déclaré la région Occitanie.
Une plainte pour viol sur mineur a été également déposée en 2022 et classée sans suite en 2024, contre le même homme.
Première conclusion : aucune gendarmerie de la région n’a auditionné Jérôme Barella, ni procédé à la moindre perquisition, et aucun Parquet n’a ouvert une enquête. Par contre, lundi, 40 gendarmes appuyés par un hélicoptère ont quadrillé la région d’Uzès (Gard) après qu’un couple avait retiré leur enfant de trois ans d’un foyer d’accueil de l’ASE. La fillette avait été retrouvée au domicile de la maman…
Le 22 août 2025, la mère de la petite Rosa, 11 ans, avait porté plainte contre Barella pour le viol de leur fille depuis 2024. Non seulement ce prédateur n’a jamais été entendu par les gendarmes, mais la maréchaussée s’est retournée contre la maman. « Arrêtez de nous saouler, sinon on va établir une main courante pour harcèlement ! », lui ont répondu les gendarmes (cf. vidéo BFM, à la fin).
En gros, la maman porte plainte suite au viol de sa fille de 11 ans par Jérôme Barella. La gendarmerie prend la plainte, ça remonte au parquet du Gers fin 2025, puis plus rien. La maman réclame des nouvelles, et au lieu de ça, c’est elle qui est menacée de poursuites par la… https://t.co/ImcU57kPLD pic.twitter.com/aHsQuxan4Q
— Marcel D. (@DubreuilhMarcel) June 5, 2026
Enfin détenu le 29 mai dernier, Jérôme Barella a fait l’objet depuis 2017 de quatre plaintes pour viols sur des mineures, sans être jamais auditionné ni arrêté. Il a été mis en examen pour l’enlèvement de la petite Lyhanna, 10 ans, à Montestruc dans le Gers. Les recherches se poursuivent jeudi dans la région pour la retrouver. Le prévenu refuse toujours de parler.
Devant la presse le 3 juin, la procureure d’Auch, Clémence Meyer, n’a présenté aucune excuse pour l’absence d’audition de Barella par son Parquet depuis la plainte de 2025 à elle transmise en novembre 2025. Elle l’a justifiée par l’exigence d’attendre toutes les investigations avant d’ordonner une garde à vue, jamais réalisée avant l’enlèvement de Lyhanna le 29 mai.
« C’est un non-sens juridique ! m’a déclaré Me Sophie Benayoun. Aucun texte n’impose des enquêtes préalables à l’audition d’une personne accusée de viol ! La personne désignée par la plainte peut être entendue comme témoin, ou témoin assisté. C’est n’importe quoi ! »
Un article de Jacques Thomet, publié sur ses réseaux sociaux.
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