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André Santini est mort : 46 ans à la tête d’Issy-les-Moulineaux, une carrière nationale et des plaintes pour agression sexuelle

André Santini, maire UDI d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, est mort à 85 ans. Retour sur son parcours, la transformation de la ville, ses mandats nationaux et les plaintes pour agression sexuelle qui le visaient.

mise à jour le 02/06/26

André Santini n’était pas seulement le maire historique d’Issy-les-Moulineaux. Il était aussi visé par des plaintes pour agression sexuelle et harcèlement.

André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, est mort à l’âge de 85 ans dans la nuit de dimanche à lundi. Élu local d’une longévité rare, ancien ministre, ancien député des Hauts-de-Seine et président du Syndicat des eaux d’Île-de-France, il aura passé près d’un demi-siècle aux commandes de cette commune de l’ouest parisien.

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Sa dernière apparition publique datait du 28 mars 2026, lors de l’installation du nouveau conseil municipal. Très diminué physiquement, hospitalisé depuis plusieurs mois après une chute et des problèmes cardiaques, André Santini avait tout de même conservé son fauteuil de maire après les municipales. Cette fois, la victoire avait été plus difficile : sa liste avait dû passer par un second tour, une première dans son parcours municipal.

Un maire installé à Issy-les-Moulineaux depuis 1980

Né le 20 octobre 1940 à Paris, dans le XIVe arrondissement, André Santini grandit à Courbevoie, dans une famille d’origine corse. Après des études de droit, de sciences politiques et de japonais, il entre en politique dans les Hauts-de-Seine.

C’est à Issy-les-Moulineaux qu’il s’installe vraiment dans le paysage politique. En 1977, sur les conseils de Charles Pasqua, il rejoint l’équipe municipale de Raymond Menand. Trois ans plus tard, après la mort du maire, André Santini prend la tête de la ville. Il n’en partira plus.

Pendant 46 ans, Issy-les-Moulineaux a porté sa marque. Anciennes friches industrielles, bords de Seine, nouveaux quartiers, sièges d’entreprises, grands projets immobiliers : Santini a accompagné, poussé et parfois imposé une transformation profonde de la commune. La ville a attiré de grands groupes, notamment dans les technologies, les médias et les services, comme Microsoft, Capgemini, Orange ou Warner Bros.

Issy-les-Moulineaux, vitrine urbaine et numérique

André Santini avait fait du développement économique l’un de ses principaux leviers. Dans les années 1990, il mise sur le numérique et cherche à donner à Issy-les-Moulineaux une image de ville connectée, bien avant que le terme devienne courant dans les collectivités.

Il fait aussi appel à de grands architectes pour remodeler certains quartiers. Parmi eux, Daniel Libeskind, connu notamment pour son travail sur le site de Ground Zero à New York, intervient sur la ZAC Léon Blum, dans le secteur de la future gare du Grand Paris Express. Ce projet devait notamment permettre la construction de logements, dont plusieurs centaines de logements sociaux, dans un quartier longtemps considéré comme l’un des plus modestes de la ville.

Cette politique urbaine a durablement changé Issy-les-Moulineaux. Elle a aussi nourri les critiques sur la densification, le coût du logement et la manière très personnelle dont André Santini dirigeait sa commune.

Bons mots, colères et pouvoir personnel

André Santini était aussi connu pour son caractère. Ses sorties publiques, ses phrases piquantes et ses colères faisaient partie du personnage. À l’Assemblée nationale, où il a siégé pendant plus de vingt ans, il avait gagné une réputation d’élu redoutable dans les couloirs, amateur de formules et de réparties.

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Il a plusieurs fois reçu le prix de l’humour politique. Il aimait aussi rappeler qu’il était célibataire et que son épouse était « Marianne ». Autre élément associé à son image : le cigare. En 1991, il avait fondé le Club des parlementaires amateurs de havane, dont il se disait président à vie.

Mais derrière les traits d’esprit, plusieurs opposants et anciens proches décrivaient aussi un mode de pouvoir dur, vertical, parfois brutal. Ses adversaires l’accusaient régulièrement de mépris, d’autoritarisme et de propos déplacés.

Ministre sous Chirac et Fillon, député jusqu’en 2017

Au-delà d’Issy-les-Moulineaux, André Santini a occupé plusieurs fonctions nationales. Sous Jacques Chirac, entre 1986 et 1988, il devient secrétaire d’État aux Rapatriés, puis ministre délégué chargé de la Communication auprès de François Léotard.

En 2007, sous François Fillon, il est nommé secrétaire d’État chargé de la Fonction publique. Il reste au gouvernement jusqu’en juin 2009, avant de reprendre son siège de député. Il quitte l’Assemblée nationale en 2017, après la victoire de Gabriel Attal dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine.

Cet échec électoral a laissé des traces à Issy-les-Moulineaux. André Santini avait ensuite écarté plusieurs adjoints municipaux, qu’il soupçonnait d’avoir soutenu son adversaire.

Plaintes pour détournements de fonds, de biens et harcèlement sexuel et moral

André Santini et Charles Pasqua avaient été condamnés en 2013 à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Versailles dans une affaire de détournement de fonds de la fondation d’art Hamon.

Plus récemment, André Santini était visé par deux plaintes déposées par un ancien huissier et un ancien chef de cabinet. Les plaintes portaient notamment sur des faits présumés d’« agression sexuelle », de « harcèlement sexuel » et de « harcèlement moral ». Le conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux avait refusé la protection fonctionnelle au bénéfice de ces deux agents tout en la votant au bénéfice d’André Santini. Anticor avait déposé plainte en 2023 contre lui pour « prise illégale d’intérêts » et « détournement de biens ».

L’enquête avait été confiée à un juge d’instruction en octobre 2024. André Santini contestait les accusations. Ces plaintes restaient un point central de la fin de son parcours politique, d’autant qu’elles concernaient deux anciens collaborateurs de la mairie.

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Un autre épisode avait aussi provoqué une plainte pour outrage sexiste. En décembre 2023, lors d’un comité du Syndicat des eaux d’Île-de-France, qu’il présidait depuis 1983, André Santini avait qualifié deux élues de « pin-up ». L’une d’elles, Dina Deffairi-Saissac, élue EELV de Saint-Ouen, avait porté plainte.

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