Pour être élu, le candidat à la présidence doit obtenir plus de la moitié des suffrages exprimés. Aucun candidat de la Ve République n’a jamais été élu au premier tour. Les deux candidats arrivés en tête du premier tour sont autorisés à se représenter deux semaines après. Dans les petites communes, les élections municipales se déroulent parfois avec une seule et unique liste dont le candidat est forcément élu dès le premier tour avec 100 % des suffrages exprimés. Que vous manifestiez votre mauvaise humeur en votant blanc ou nul ou en vous abstenant, ce ne sera pas comptabilisé dans les suffrages exprimés.
Pseudo-choix
Si vous faites partie des électeurs des candidats à la présidentielle éliminés en 2017, vous n’avez pas eu le choix. Aucun des deux candidats au second tour ne vous plaisait, eh bien, si vous avez voté, cela a été un crève-cœur, ou plutôt une erreur, et votre choix un pseudo-choix.
En 2017, Emmanuel Macron n’a été choisi librement qu’au premier tour et cela dans la limite d’un quart des électeurs. En 2022, face à 11 autres candidats, un peu plus du quart des suffrages exprimés se sont portés sur sa candidature.
Deux fois plus de candidats
Pour 2027, à moins d’un an du scrutin, le nombre de candidats officiels a doublé. Ils sont déjà vingt et d’autres devraient suivre : l’embarras du choix (théoriquement).
Selon France24, les candidats déclarés sont :
Nathalie Arthaud (LO, porte-voix des travailleuses et des travailleurs)
François Asselineau (UPR, complotiste selon la radio d’État France24),
Gabriel Attal (macroniste, son programme : adversaire d’Édouard Philippe),
Clémentine Autain (Front Populaire, gauche),
Delphine Batho (écologiste sans soutien majeur),
Xavier Bertrand (LR sans le soutien de LR),
Juan Branco (sans étiquette),
Nicolas Dupont-Aignan (souverainiste),
Clara Egger (Solution démocratique : RIC),
Jérôme Guedj (PS mais sans programme ni soutien),
Marine Le Pen (RN, le 7 juillet, elle saura si elle est inéligible),
David Lisnard (Nouvelle Énergie),
Benjamin Lucas-Lundy (Génération.S, jeunes socialistes),
Lydie Massard (Union démocratique bretonne, proche des écologistes),
Jean-Luc Mélenchon (LFI, 74 ans),
Édouard Philippe (Horizons, programme : adversaire de Gabriel Attal),
Florian Phillipot (Les Patriotes),
Bruno Retailleau (LR contre les macronistes Gabriel Attal et Édouard Philippe et contre le RN)
François Ruffin (Debout!)
Marine Tondelier (écologiste),
Ils devront recueillir 500 signatures d’élus d’au moins 30 départements. Un soutien qui, depuis 2017, n’est plus anonyme. Sauront-ils éveiller l’intérêt des électeurs ?
Un président élu avec 10 % des voix
Le prochain président sera comme d’habitude élu au second tour. Il n’aura recueilli auparavant que peu de voix car le premier tour est dispersé entre de nombreux candidats. Qu’importe ! c’est la règle du jeu. Étant donné la pléthore de candidats, même un résultat de 10 % ne serait pas si mal pour les deux premiers candidats qui s’affronteront au second tour. À la roulette, le jeton sur le rouge et celui sur le noir ont chacun 50 % de chances de gagner. De même l’heureux élu au second tour passera de 10 % au premier tour à 51 %. C’est la martingale de la démocratie.
Ce n’est qu’une hypothèse, car le candidat en tête des sondages pourra bénéficier d’un petit coup de pouce des services informatiques du ministère de l’Intérieur. En 2022, un million de voix pour Marine Le Pen avaient disparu aussi vite que le coffre-fort de Benalla. Etonnant, non ?
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