Football

Le geste fort des joueurs iraniens : Un hommage aux enfants victimes des frappes américano-israéliennes devant le président de la FIFA

Ce 31 mars, à Antalya, la sélection iranienne de football a offert une scène d’une puissance rare, bien avant que le ballon ne roule. Alors que les premières notes de l’hymne national résonnaient, joueurs, staff technique et dirigeants de la fédération ont exhibé des portraits d’enfants tués lors des frappes attribuées aux États-Unis et à Israël. Gianni Infantino, président de la FIFA, assistait à cette mise en scène, impassible, comme figé dans l’embarras d’une institution qui prétend encore au neutralisme politique.

mise à jour le 04/04/26

Le monde du foot ferme les yeux. Les joueurs iraniens, eux, ont choisi de les faire ouvrir.

Les images sont sans équivoque : des maillots rouges encadrent des visages d’enfants, parfois accompagnés de drapeaux iraniens ou de colombes en papier, symboles d’une paix piétinée. Certains portraits montrent des salles de classe réduites en poussière, des bâtiments éventrés. Le message, lui, est limpide : rappeler au monde que la guerre menée par l’Occident et ses alliés ne se contente pas de frapper des cibles militaires, mais s’acharne sur les plus vulnérables.


Minab, ou l’école transformée en charnier : le contexte d’une provocation assumée

Ce geste n’est pas un hasard. Trois semaines plus tôt, le 28 février 2026, une frappe aérienne visait une école primaire de filles à Minab, dans le sud de l’Iran. Bilan officiel : 170 morts, majoritairement des écolières et leurs enseignantes. Le New York Times, dans une enquête publiée début mars, a évoqué la présence d’une base des Gardiens de la révolution à proximité, suggérant un « dommage collatéral » aussi monstrueux qu’assumé. Pour l’Iran, il s’agit ni plus ni moins d’un crime de guerre. Pour les médias occidentaux, d’une « frappe allégée » — un euphémisme qui sonne comme une insulte aux familles des victimes.

L’Iran dénonce une « guerre asymétrique » où les civils paient le prix fort. Dans ce contexte, un match de préparation à la Coupe du monde devient une tribune. Et les joueurs iraniens, des porte-parole malgré eux.



Infantino, otage d’un silence complice

Gianni Infantino était présent. Il a vu les portraits, entendu les murmures, senti la tension. Il n’a rien dit. Pas un mot sur le terrain, pas une déclaration officielle après la rencontre. Juste une promesse, glissée à la délégation iranienne en coulisses : l’Iran participera bien à la Coupe du monde 2026, y compris pour ses trois matchs prévus sur le sol américain. Une garantie qui sonne comme une concession, tant les craintes de représailles ou d’exactions contre les joueurs iraniens aux États-Unis sont réelles.

5-0 : quand le score sportif devient une réponse politique

Sur la pelouse, l’Iran a écrasé le Costa Rica (5-0), comme pour rappeler que, malgré les bombes et les deuils, le pays entend bien exister sur la scène internationale. À quatre mois du coup d’envoi de la Coupe du monde, la sélection iranienne envoie un double message : elle sera présente, et elle ne se taira pas.

Ce n’est pas la première fois que le sport se mue en caisse de résonance pour des causes politiques. Mais rarement avec une telle charge symbolique. Les joueurs iraniens ont choisi de s’inscrire dans une lignée de résistances discrètes mais percutantes : le poing levé de Smith et Carlos en 1968, le genou à terre de Colin Kaepernick, les brassards noirs de l’équipe allemande en 1974. Avec une différence de taille : ici, les victimes ne sont pas des symboles lointains, mais des enfants dont les corps ont été retrouvés sous les décombres, il y a à peine un mois.



La FIFA et ses deux poids, deux mesures : jusqu’où le football peut-il être politique ?

Ce 31 mars 2026 restera. Non pas comme une date de plus dans l’histoire du football, mais comme le jour où une équipe a refusé de jouer le jeu. Où des hommes en short ont forcé un président de fédération à regarder, ne serait-ce qu’un instant, le prix humain d’une guerre que les communiqués officiels appellent pudiquement un « conflit ».

Gianni Infantino peut fermer les yeux. Les joueurs iraniens, eux, ont choisi de les ouvrir.

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