Derrière les frappes contre les bases américaines au Qatar et au Bahreïn, derrière le contrôle opératif du détroit d’Ormuz et le ciblage des infrastructures pétrolières saoudiennes, se lit en filigrane le génie tactique iranien : sortir le conflit du seul théâtre militaire pour l’élargir aux dimensions énergétiques et économiques, obligeant l’adversaire à vider ses stocks de missiles Patriot dans un rapport de coût exorbitant. Mais la véritable clé de compréhension de ce conflit réside dans la stratégie israélienne qui, en assassinant Ali Khamenei et en bombardant une école de fillettes, visait un double objectif : radicaliser Téhéran pour le contraindre à la guerre totale, et surtout, piéger définitivement l’administration Trump en sabotant la porte de sortie négociée.
Washington se retrouve aujourd’hui confronté à un dilemme : poursuivre au-delà de la limite de cinq semaines imposée par le Pentagone et puiser dans ses réserves stratégiques vitales pour l’éventualité d’un conflit avec la Chine, ou bien organiser l’impeachment de Trump pour offrir un nouveau visage aux négociations, tout en éliminant parallèlement un Netanyahou devenu trop dangereux. Cette guerre n’est qu’un épisode dans la grande tectonique des plaques géopolitiques qui accompagne l’accouchement douloureux du monde multipolaire, un accouchement dont les douleurs, multipliées par un milliard, laisseront des cicatrices profondes du détroit d’Ormuz aux frontières du Baloutchistan.
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