Notre héroïne, se sentant insultée – les vilains mots « nazi » et « extrême droite » ont fusé, dit-elle – a alors démontré l’étendue de sa culture politique en administrant une correction à la jeune femme qui immortalisait la scène. S’en est suivie une empoignade avec un comparse de la filmeuse, généreusement documentée sous deux angles par les protagonistes eux-mêmes. Sur X, Mila revendique fièrement son fait d’armes : « Je viens de me battre avec deux gauchistes », avant de préciser avoir « collé une » à l’importune. Un « immigré » (ses guillemets) aurait séparé les combattants, donnant lieu à une conversation d’une demi-heure que l’on imagine édifiante sur les valeurs républicaines. Aucune plainte pour l’instant – le sens du sacrifice, sans doute.
🇫🇷 FLASH | L’influenceuse d’extrême droite Mila a agressé à Paris des passants qui n’étaient pas d’accord avec ses idées. (X)pic.twitter.com/URGDX1OFfW
— AlertesInfos (@AlertesInfos) March 4, 2026
Du t-shirt Adolf au coup de poing lyonnais : l’ascension cohérente d’une provocatrice
Cette empoignade n’est que le dernier avatar d’une trajectoire entamée en 2020, quand Mila découvrit que critiquer l’islam avec véhémence pouvait rapporter une notoriété considérable, assortie de menaces de mort et d’une protection policière. Depuis, notre pasionaria s’est rapprochée des milieux identitaires et du collectif Némésis, élargissant son répertoire polémique avec une constance remarquable.
Quand l’humour nazi fait sourire les juges
Le 26 janvier 2026, la LICRA, qui avait pourtant soutenu Mila lors de ses premières frasques anti-islam, a déposé plainte contre elle. Motif : une story Instagram datée du 6 septembre 2025 vantant un t-shirt « Adidolf » – pastiche où les trois bandes de la marque sportive cèdent gracieusement la place à trois bras tendus en salut hitlérien. SOS Racisme s’est joint à la danse, dénonçant une « apologie de crime contre l’humanité ». La liberté d’expression, décidément, a ses limites quand elle flirte avec les fours crématoires.
L’appel du large : « des Arabes scotchés à des feux rouges »
Mai 2024 déjà, Mila s’enthousiasmait (« Je veux absolument voir ça ! » avec force émoticônes hilares) à la perspective de contempler « des Arabes scotchés de la tête aux pieds accrochés à des feux rouges ». La députée LFI Farida Amrani avait saisi la justice, mais notre égérie avait trouvé la parade parfaite : il s’agissait, voyez-vous, de souligner « l’absurdité » des propos. L’absurdité, effectivement, atteignait des sommets.
Condamnée à plusieurs reprises pour injure raciale ou provocation à la haine, Mila poursuit donc sa croisade : elle rassemble autour de son franc-parler une galaxie d’admirateurs que l’on devine fins connaisseurs des nuances historiques, et une légion de détracteurs que l’on imagine dépourvus d’humour. Cette nouvelle altercation, savamment mise en scène sous deux angles, promet d’alimenter les débats métaphysiques sur la légitime défense, les limites de l’humour noir – décidément très extensibles – et le droit, pour une influenceuse, de frapper ceux qui troublent sa promenade.
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