Pédocriminalité

Protection de l’enfance : 3 000 individus écartés pour antécédents gênants, grâce à la vérification systématique

Dans un silence médiatique relatif, la Haute Commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a dévoilé mardi 13 janvier un bilan accablant. Près de 3 000 personnes ont été empêchées d’accéder ou de se maintenir dans les secteurs de la protection de l’enfance et de la petite enfance. Cette purge administrative fait suite à la généralisation, à l’automne 2025, d’une vérification systématique des antécédents judiciaires. Un dispositif de bon sens dont l’absence antérieure interroge douloureusement.

mise à jour le 20/01/26

Sarah El Haïry a dévoilé un chiffre qui laisse pantois. Mais comment a-t-on pu, avant elle, laisser passer de tels profils ?

Le mécanisme d’un contrôle enfin automatique

Depuis le 1er octobre 2025, aucune embauche ou activité bénévole en contact avec des mineurs ne peut se faire sans consultation obligatoire du casier judiciaire (bulletin n°2) et du Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS). Une obligation qui, auparavant, n’était que fragmentaire. « On a déjà écarté 2 980 personnes », a précisé Sarah El Haïry à l’AFP, ajoutant que le processus de vérification rétroactive des professionnels en poste se poursuivait. Plus de 650 000 attestations d’honorabilité ont déjà été délivrées, dessinant en négatif le profil des exclus.



Un contexte nourri par la honte et les scandales

Cette initiative gouvernementale puise sa source dans les recommandations de la Ciivise, la Commission sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. Elle répond à une succession de faits divers sordides ayant éclaboussé des institutions éducatives et sociales. Les personnes écartées présentent des condamnations pour infractions sexuelles ou violentes. Elles œuvraient ou postulaient comme éducateurs, animateurs, bénévoles associatifs ou personnel de crèche. L’objectif est désormais de scinder irrémédiablement le parcours des prédateurs condamnés de celui des enfants vulnérables, notamment ceux placés.

L’opinion publique entre stupeur et colère froide

La révélation a provoqué un choc sur les réseaux sociaux, moins de surprise que d’exaspération. L’indignation se cristallise sur le temps perdu : pourquoi cette vérification, trivialement exigée pour un emploi de guichetier, a-t-elle tant tardé pour les gardiens d’enfants ? « On a des radars automatiques partout, mais on n’était pas foutus de vérifier les antécédents de gens payés pour s’occuper de gamins ? » résume un commentaire sur X. D’autres voix s’élèvent pour exiger l’extension immédiate de ces contrôles aux secteurs du handicap ou même aux mandats électoraux.



Une vigilance qui ne doit plus faillir

La Haute Commissaire assure que le travail de vérification se poursuit. Ce dispositif, s’il constitue un progrès tangible, agit comme un révélateur cruel des failles passées. Il instaure une barrière technique nécessaire, mais ne saurait remplacer une culture institutionnelle de la vigilance. Le scandale n’est pas dans les 3 000 écartements, mais dans le fait qu’il ait fallu attendre 2025 pour les rendre possibles. La sécurité des enfants ne supporte plus l’à-peu-près.

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