Les parrains de l’opération rose
L’histoire secrète d’Octobre Rose plonge ses racines dans un partenariat des plus troubles. Dès 1985, l’American Cancer Society s’allie à Imperial Chemical Industries, un géant chimique dont la branche pharmaceutique, devenue AstraZeneca, commercialise des traitements contre le cancer du sein. Le ruban rose lui-même est un symbole détourné : conçu à l’origine pour interpeller sur les causes environnementales, il fut repris et édulcoré en rose par le magazine Self et le conglomérat cosmétique Estée Lauder. L’objectif était clair : étouffer la contestation et substituer à la recherche des causes un message unique, promouvant le dépistage de masse comme seul credo.
Pinkwashing : la comédie humaniste
Cette opération psychologique de grande envergure repose sur une collusion généralisée. Les médias (Marie Claire en France) relayent la bonne parole, tandis que les entreprises et collectivités, en quête de pinkwashing, se parent des vertus d’une cause qu’elles ne comprennent même pas. Le résultat est un hold-up sémantique parfait : le « dépistage », présenté comme de la prévention, n’est en réalité qu’une chasse aux clientes asymptomatiques. Il s’agit de recruter de nouvelles malades pour un système qui, sous couvert de les sauver d’une maladie qu’elles n’ont pas, les engage dans un parcours thérapeutique lucratif. Une arnaque d’une cynique beauté, qu’il est grand temps de massivement rejeter.
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