Le paradoxe du dépistage moderne
Selon le Dr Gérard Delépine, chirurgien et cancérologue, les progrès thérapeutiques ont rendu le dépistage systématique obsolète. Les traitements actuels permettent de guérir la grande majorité des cancers, y compris les plus volumineux. À l’inverse, les techniques d’imagerie, devenues trop efficaces, détectent une multitude de « cancers dormants » qui n’auraient jamais mis en danger la vie des patientes. Or, face à un cancer diagnostiqué, aucun clinicien n’ose s’abstenir de traiter. Ces traitements – chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie – ne sont pas anodins et peuvent entraîner des complications graves, voire mortelles. Le dépistage systématique engendre ainsi un « surtraitement » massif, transformant des femmes bien portantes en patientes et leur faisant perdre des chances de santé.
Les raisons d’un tabou français
Si les données scientifiques, notamment l’étude canadienne citée par le spécialiste, invalident l’intérêt du dépistage, pourquoi continue-t-on à le promouvoir ? La réponse tient à un mélange de politique et d’intérêts économiques. D’une part, il s’agit de la « seule politique spécifiquement dédiée aux femmes » que l’État peut afficher. D’autre part, un puissant lobby profite de ce système : la mammographie, la chimiothérapie et la chirurgie reconstructrice constituent un business extrêmement rentable, évalué entre un et un milliard et demi d’euros par an en France. Le Dr Delépine dénonce une « tyrannie » et une « désinformation » organisées, où les médecins sont financièrement incités à recruter des patientes asymptomatiques, les transformant malgré elles en « produits » d’une machine à sous juteuse mais dangereuse.
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