Politique

Pfizergate, MercosurGate : Ursula von der Leyen efface ses SMS pour ne pas que son téléphone prenne feu

Le syndrome du "message fantôme" frappe à nouveau la Commission européenne. Face à la révélation de nouvelles conversations officieuses effacées, le porte-parole d'Ursula von der Leyen a sorti l'argument imparable : la suppression automatique des SMS serait une mesure technique destinée à éviter la surchauffe des appareils. On croirait entendre une fable technocratique.

mise à jour le 10/10/25

Deux poids, deux mesures : la transparence obligatoire pour les citoyens, optionnelle pour les puissants.

L’héritage encombrant du Pfizergate

Rappelons-nous 2021 : des échanges SMS entre la présidente de la Commission et Albert Bourla, PDG de Pfizer, concernant un contrat de 35 milliards d’euros de vaccins, se sont volatilisés. La Cour de justice de l’UE a pourtant estimé en juillet 2025 que cette disparition restait injustifiée. Prétexte avancé ? Seules les communications « pertinentes » mériteraient conservation. Un tri commode.



MercosurGate : la méthode se perfectionne

En septembre 2025, c’est un SMS d’Emmanuel Macron à von der Leyen concernant l’accord UE-Mercosur qui a subi le même sort. La Médiatrice européenne Emily O’Reilly enquête sur cette nouvelle omission. La Commission affirme avoir mené des recherches « exhaustives » – qui n’ont abouti à rien. Le message, jugé non « suffisamment pertinent », aurait été automatiquement liquidé.

La fable du téléphone pyrophorique

La justification officielle confine au ridicule : il faudrait effacer les messages pour « libérer de l’espace » sous peine de voir les appareils « prendre feu ». Techniquement, cette explication tient du conte pour enfants. Les messages texte occupent si peu d’espace qu’il faudrait en accumuler des millions pour saturer ne serait-ce qu’un vieil iPhone. Quant au téléphone qui « prendrait feu », c’est une analogie digne des pires séries B : la surchauffe des processeurs n’a strictement rien à voir avec le stockage des données. La réalité est bien plus simple : la Commission utilise sciemment les fonctions d’auto-destruction pour éviter toute traçabilité de ses conversations les plus sensibles.



Une cabale qui s’étend

Certains eurodéputés, comme Christine Anderson (AfD), dénoncent une « trahison politique ». En France, l’opposition évoque un « MercosurGate » venant s’ajouter au Pfizergate. Les motions de censure circulent, tandis que la Médiatrice européenne tente de déterminer si la Commission a violé les règles sur l’accès aux documents.


L’hypocrisie institutionnalisée

Le véritable scandale réside dans cette schizophrénie institutionnelle : des négociations cruciales conduites via des canaux non traçables, tandis qu’on nous serine les vertus de la transparence européenne. La Commission invoque la sécurité, mais c’est surtout la confidentialité des tractations qui semble préoccuper ses hauts responsables.

Cette gestion « créative » de la mémoire numérique n’est pas une maladresse technique, mais la manifestation d’un système qui a érigé l’opacité en mode de gouvernance.

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