Sous les fumigènes et les calicots d’un été indien, Nicolas Vidal fustige une grande marche à pied nationale réduite à une flashmob incapable de faire claquer les castagnettes de Macron. Il y décèle l’agonie d’un syndicalisme fossile, dont le taux de syndicalisation ne casse plus trois pattes à un canard, et qui se contente d’organiser des balades digestives pour une poignée de militants.
Le titre de la pièce est Le Dialogue social. Avec les syndicats, après la couturière du 10 septembre, le 18 septembre nous avons eu droit à la première d’un spectacle fait pour réjouir les fidèles abonnés. Mise en scène, décor et promotion étaient de l’Association de gestion du fonds paritaire national. En 2023, elle a financé les protagonistes de la troupe : d’un côté, les syndicats de salariés à hauteur de 96,8 millions d’euros, de l’autre les syndicats patronaux avec près de 50,3 millions d’euros. Fort peu de chose par rapport aux 270 milliards d’euros d’aides aux entreprises (sous forme d’exonérations, subventions, niches fiscales) que l’État déverse chaque année sans vrai contrôle ni contreparties.
Cette mascarade, selon Nicolas Vidal, ne sert qu’à masquer l’essentiel : l’abdication du pouvoir politique national au profit de Bruxelles, hachoir de la mondialisation. La véritable souveraineté ne se retrouvera ni dans les manifs ni dans les négociations, mais dans un sursaut populaire qui seul évitera à la France de devenir la Grèce de 2015.
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