Ce sont environ une centaine de personnes qui se sont déplacées ce samedi dans le 6e arrondissement de la capitale pour assister à une valse de conférences-débats autour de plusieurs thématiques au cœur des crises françaises.

Pour Philippe Murer, l’un des fondateurs de MPC, aux côtés de Laurent Henninger et Olivier Piacentini, “c’est l’occasion de lancer la première réunion politique du MPC après six mois d’existence et de faire venir des gens éclectiques, il n’y a pas seulement des personnes qui pensent comme nous, il y a aussi des personnes différentes, Thierry Mariani, Etienne Chouard (…) ”.
Au programme de cette journée : géopolitique, santé, social, politique et institution, gestion de l’espace maritime et liberté d’expression. Les différents intervenants se sont succédé comme Henri Guaino, Jean-Frédéric Poisson, Christian Perronne, la députée Bamana, Xavier Azalbert, Marc Daoud, Frédéric Aigouy, …

Le débat sur des politiques et des institutions, animé par Catherine Rouvier et Etienne Chouard, a provoqué beaucoup de réactions et a mis en émoi le public. Il faut avouer que la personnalité et le discours de ce militant politique ont suscité engouement et applaudissements à plusieurs reprises. Étienne Chouard, comme à son habitude, a parlé avec passion et sans langue de bois. Concernant l’intitulé de cette journée, il a rappelé pourquoi le terme de crise ne peut être utilisé : “Il n’y a pas de crise, je conteste le titre, je vois bien ces derniers temps parler de crise, je comprends que l’on intitule une réflexion sur les problèmes que nous avons (…) mais, rendez-vous compte, crise, cela voudrait dire qu’il y a un accident, quelque chose qui ne fonctionne plus alors que ça fonctionnait avant, mais je conteste ça ! Ça n’a jamais fonctionné, nous n’avons jamais été en démocratie ! Tout se passe comme prévu et ça continue. Nos représentants, les élus ont décidé qu’ils allaient être souverains. Ils ont volé la souveraineté au peuple…”
La question souverainiste était au centre de ces échanges, voie de sortie possible à ce marasme politique, économique, sanitaire et sociétal dans lequel la France est enfoncée.
Pour autant, selon Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et député des Yvelines, les élections restent l’unique voie des Français pour exprimer leur légitimité, rappelant que les citoyens ont le pouvoir de dire non. Une vision à l’opposé de celle d’Etienne Chouard, ce qui a donné lieu à un échange improvisé dans les couloirs. Les deux hommes réunis, par hasard, ont entamé une discussion bienveillante et chaleureuse sur leur perception de l’avenir politique français. M. Chouard a proposé un débat public, ce à quoi M. Guaino n’a émis aucune contradiction, sans non plus y répondre favorablement. Cette rencontre fortuite, accompagnée d’une conversation intelligente, prouve qu’il existe des portes de sortie de crises bien plus que ce que nous proposent les médias de masse. La réalité est tout autre et porteuse d’espoir.
La France en perte de vitesse sur la puissance maritime
Mayotte était à l’honneur lors de cette table ronde consacrée à la gestion de l’espace maritime. Yves Bonnet, ancien préfet et directeur de la DST, a insisté sur le manque de stratégie géopolitique de la France “qui ne fait rien (…) et dont les ressources maritimes sont à exploiter”. Selon lui, la création d’une quatrième région maritime est essentielle et elle se trouve dans les eaux qui entourent Mayotte, dans l’Océan Indien, le Canal du Mozambique. La députée Bamana a rappelé, quant à elle, l’enjeu véritable à saisir qui est celui de devenir une “puissance maritime du Sud global”.
Or, pour le moment, Mayotte vit une vraie crise sociale, migratoire, dont l’espace maritime est soumis à des tensions diplomatiques croissantes. Madame Bamana a également souligné que la pénurie d’eau remonte à 2016 et que la catastrophe naturelle récemment vécue n’a fait qu’accentuer des problèmes déjà existants. Mayotte ne bénéficie pas d’égalité républicaine, puisque les Mahorais n’ont ni le droit de chanter la Marseillaise ni d’arborer le drapeau tricolore. Pour rappel, la population de Mayotte est à 99 % de confession musulmane, c’est ce qu’a souligné Ibrahim Bacar, président des anciens élus du département et délégué de Mayotte au Carrefour des acteurs sociaux.
Un invité très attendu
Christian Perronne, arrivé en début d’après-midi, a été accueilli en véritable star. Certaines personnes s’étaient déplacées spécialement pour venir l’écouter. Le professeur et Marc Daoud, directeur du magazine Nexus, ont coanimé la table ronde consacrée à la santé, enjeu essentiel et en crise depuis quelques années. L’occasion pour les deux hommes de revenir sur les origines des problèmes qui remontent bien avant la période du Covid. Il a aussi été question de l’intelligence artificielle dont Marc Daoud a rappelé les limites mais également les dangers en matière de santé. D’autre part, Christian Perronne a tenu à répondre à ses détracteurs en matière de vaccins. Il a souligné sa contribution à l’abrogation de l’obligation vaccinale du BCG chez les enfants, pour laquelle il s’est longuement battu. Tout comme il est opposé à la vaccination saisonnière de la grippe chez les soignants, aujourd’hui suspendue grâce à un arrêté. Enfin, le Pr Perronne a rappelé que les ARN messagers ne sont pas des vaccins.
Défi relevé
Une journée riche en partage et en discussion. “Un bilan franchement positif dans une ambiance bon enfant”, de l’avis de Philippe Murer, satisfait d’avoir pu réunir une audience aussi diverse. Seul bémol, le manque de débat pour des tables rondes d’une durée d’environ 50 minutes et le peu d’échanges avec le public. Encore une fois, c’est une première. Quant à la couverture médiatique de l’événement, seuls les médias alternatifs et indépendants ont fait le déplacement malgré la présence de têtes d’affiche. Pas étonnant lorsque l’on sait que les vrais sujets de fond ne font plus partie des débats publics…
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