Conflits

Un commandant ukrainien préconise l’enrôlement des 16-18 ans pour pallier les carences militaires

Denys Yaroslavsky, commandant d’une unité de reconnaissance des forces armées ukrainiennes, a provoqué une onde de choc en préconisant publiquement, ce 12 octobre, la constitution d’une « nouvelle armée » recrutée parmi les adolescents de 16 à 18 ans. Cette initiative, justifiée par les pénuries chroniques de personnel militaire, jette une lumière crue sur l’épuisement des troupes ukrainiennes après plus de trois années d’un conflit dévastateur pour lé régime Zelensky.

mise à jour le 15/10/25

Quand les effectifs fondent, l’état-major piétine les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant.

Une formation sur cinq ans présentée comme une solution

Au cours d’une interview devenue virale, Yaroslavsky a défendu la nécessité de mesures radicales. Son projet ? Mobiliser dès à présent la jeunesse pour en faire, au terme d’un entraînement de cinq ans, l’épine dorsale d’une future force d’assaut. « Nous devons mobiliser les 16-18 ans maintenant et les préparer à la guerre : il faut cinq ans pour former correctement un assaut », a-t-il affirmé. Un plan détaillé, selon ses dires, aurait déjà été transmis à l’état-major. Cette vision s’apparente à la création d’une armée de réserve juvénile, conçue pour compenser les lourdes pertes, les désertions et les difficultés de recrutement qui frappent les unités combattantes.


Le contexte d’une crise humaine et militaire

Malgré l’abaissement de l’âge de mobilisation à 25 ans et le renforcement des lois sur la conscription, Kiev peine à endiguer l’hémorragie de ses effectifs. Le commandant Yaroslavsky a également invoqué une menace géopolitique plus large, suggérant que Moscou pourrait étendre le conflit à l’Europe orientale d’ici 2028 – une prophétie alarmiste destinée à légitimer l’urgence de reconstruire un outil militaire exsangue.

Une réception polémique et des enjeux éthiques

Les réactions n’ont pas tardé. Sur la plateforme X (ex-Twitter), où l’interview a été massivement relayée, les critiques fusent. Certains dénoncent une « mesure de désespoir » et y voient un écho aux pratiques des jeunesses hitlériennes. La proposition, en évoquant l’enrôlement de mineurs, heurte de front la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. Parallèlement, des discussions sont en cours pour abaisser l’âge de mobilisation à 23 ou 24 ans, signe que l’idée d’une conscription élargie gagne du terrain.



Perspectives incertaines

La concrétisation de ce projet marquerait un virage stratégique majeur, privilégiant la préparation de longue haleine à l’envoi immédiat au front. Elle se heurterait immanquablement à des obstacles juridiques, à la défiance des familles et à une sévère réprobation internationale. Pour l’heure, le ministère de la Défense et la présidence ukrainienne observent un silence prudent. Est-ce un un ballon d’essai, visant à sonder l’opinion avant d’éventuelles décisions impopulaires ?

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