Éric Lombard, adepte de l’optimisation fiscale
Le Canard Enchaîné a épinglé Éric Lombard à propos de sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Il avait déclaré 600 000 € pour sa résidence à La Trinité-sur-Mer, achetée en 2004 pour 1,8 million d’euros, alors que les agents immobiliers et les notaires du coin pensaient pouvoir la vendre 4 millions. Ce n’est pas une fraude, estime un notaire dans ActuMorbihan. En effet, usufruitier pour moitié du bien, Éric Lombard n’avait donc déclaré que la moitié en usufruit de ce bien, le reste appartenant à sa femme et sans doute à un enfant. Bref, tout cela est légal et ne s’appelle pas de l’évasion fiscale, mais de l’optimisation fiscale. Rien à y redire. Le Canard Enchaîné trouve également bizarre qu’un appartement de 180 m2 acheté 2,8 millions d’euros ait été déclaré 1,4 million d’euros. Encore une explicationtoute simple : Éric Lombard n’en possède que la moitié.
Il a en revanche déclaré la pleine propriété d’une maison à Paris (6 millions d’euros), d’un piano à queue (45 000 € ), d’un voilier (140 000 €) et de divers objets d’art (612 881 €), ce qui, sur un patrimoine de 21 millions, n’est que broutille. Tout cela est légal. On vous le dit juste pour vous donner une idée de celui qui vous incite à vous serrer la ceinture pour payer la dette.
Le dernier point abordé par Le Canard Enchaîné concerne une société de conseil, Halmahera, dirigée par la femme du ministre et donc Éric Lombard était président jusqu’au 18 décembre 2017, date à laquelle il est devenu directeur de la caisse des dépôts et consignations. Une bonne place : il a touché plus de 300 000 euros par an. Et pourtant la Cour des comptes n’a critiqué la gestion de cet organisme que jusqu’en 2015. Halmahera n’emploie qu’une seule personne et n’a aucun client, mais dégage plus de 6 millions de dividendes annuels. « La société Halmahera n’a pas de clients car il s’agit d’une société d’investissement dont l’activité consiste en la détention de participations, lesquelles sont quasi exclusivement détenues via le groupement économique Greenstock », fait savoir le ministre.
Tout cela est légal ou… presque. En revanche, dans l’affaire des CumCum, le ministre des Finances a franchement défendu les intérêts des banques et non l’intérêt des Français.
CumCum : une fraude soutenue par le ministre des Finances
Le mécanisme d’optimisation fiscale CumCum consiste pour des actionnaires étrangers d’entreprises françaises à éviter l’imposition sur les dividendes en transférant temporairement des titres à un intermédiaire qui n’est pas soumis au prélèvement à la source. « Ce mécanisme, utilisé par de très nombreuses banques françaises au profit de non-résidents, leur permet d’échapper à l’impôt sur le revenu dû au titre des dividendes reçus. Le préjudice pour le Trésor public des pratiques d’optimisation fiscale agressive, voire de fraude, pourrait représenter jusqu’à 4,5 milliards d’euros », déclarait Charles de Courson le 25 juin 2025.
Un dispositif de lutte contre les montages « CumCum » avait été adopté en octobre 2024 par les parlementaires via la loi de finances pour l’année 2025. Sitôt adopté, le texte a été affaibli par une instruction fiscale de Bercy sous pression du lobby bancaire. Elle excluait du champ de la loi une grande partie des opérations concernées. Finalement, le 24 juillet 2025, le loup dans la bergerie Éric Lombard s’était avoué vaincu : la loi anti-fraude est donc passée malgré le ministère des Finances.
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