Le libéralisme et le communisme sont tous deux issus de la tradition anti-platonicienne. Pour restaurer notre civilisation, il est essentiel de revenir aux fondements métaphysiques établis par Platon et Aristote. Pour la civilisation russe, comme pour l’Occident traditionnel, Platon est aussi important que les Upanishads pour l’Inde ou Confucius pour la Chine. La théologie chrétienne s’appuie sur sa pensée. Sans ses théories, ses termes et son langage, notre héritage intellectuel devient incompréhensible.
La philosophie islamique, le soufisme et la doctrine chiite (notamment le chiisme rouge) sont également construits sur les bases du platonisme. Bien que certains aient été qualifiés de péripatéticiens, ils s’inspiraient en réalité du néoplatonisme. Platon occupe une place centrale dans les sommets de la tradition intellectuelle islamique.
La Kabbale juive n’est autre qu’une doctrine néoplatonicienne intégrée au judaïsme au Moyen Âge. Selon Scholem, cette influence était étrangère au judaïsme traditionnel, où l’on trouve presque aucune trace de la théorie des émanations, à l’exception de certains groupes mystiques (peut-être influencés plus tôt).
Platon est le fondement métaphysique de notre civilisation, mais cela ne signifie pas qu’il faille rejeter Aristote. Des néoplatoniciens comme Proclus et Simplicius ont intégré sa pensée dans un cadre platonicien. Une lecture correcte d’Aristote, comme celle d’Alexandre d’Aphrodise ou de Brentano, est essentielle.
Aristote est le deuxième pilier de notre héritage intellectuel. En perdant la compréhension profonde de ces deux philosophes, nous coupons les racines de notre identité civilisationnelle. Rien en philosophie, religion ou vie elle-même ne peut être correctement saisi sans eux.
Nous ignorons tout des éléments purement sémitiques dans nos religions monothéistes – les trois grandes. Dès l’Antiquité, le sémitisme a été profondément remodelé par l’hellénisme, où Platon et Aristote ont joué un rôle clé. L’esprit sémitique que nous connaissons est une version hellénisée.
Le déclin de l’Occident a commencé avec l’abandon de Platon et d’Aristote, permettant la résurgence de Démocrite. L’atomisme et le matérialisme, des hérésies philosophiques présocratiques, ont refait surface.
La modernité est anti-platonicienne et anti-aristotélicienne, mais pro-démocritéenne. Démocrite est la racine commune du communisme et du libéralisme. La seule alternative à ces idéologies est un retour à Platon et Aristote, d’où l’importance cruciale du Platonisme Politique.
La Grande-Bretagne, en pleine décadence, agit comme un démon vieillissant – faible mais toujours agressif et violent. Son influence toxique cherche à entraîner le mouvement MAGA dans l’abîme.
La solution pour les États-Unis réside dans un nouveau souffle, un « Nouveau 1776 ». Il est temps de se méfier des manipulations venues d’outre-Atlantique, comme la « pandémie teslaphobe », une invention typique des services secrets britanniques relayée par les réseaux de Soros.
L’externalisme, caractéristique de la modernité, place la réalité en dehors de la conscience. Platon et Aristote (correctement interprété) défendaient l’internalisme, où la réalité est intrinsèque. Le matérialisme moderne, vide de qualités, équivaut au néant.
La modernité, née du nominalisme, a rejeté l’internalisme au profit de l’externalisme. C’est pourquoi elle est fondamentalement erronée – et incurable. Seul un retour aux sources platoniciennes et aristotéliciennes peut sauver notre civilisation.
Une traduction du Média en 4-4-2 d’un article d’Alexandre Dougine, publié sur son site internet.
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