Cette invention date du Ier Empire. Les seules matières sur lesquelles les candidats étaient alors interrogés se limitaient à la littérature, l’histoire et… la philosophie, dont l’Empereur était un grand lecteur. Le baccalauréat sélectionnait les futurs bons serviteurs de Napoléon Ier en leur ouvrant la porte de l’université. À présent quel est son objectif sous Macron Ier ?
Des sujets bateau
Les candidats ont actuellement le choix entre deux sujets de dissertation et une explication de texte.
Cette année, d’Adam Smith (1759) à John Rawls (1971), les textes de philosophes utilitaristes ont l’avantage d’éviter toute problématique marxiste qui fâcherait les correcteurs au moment de la notation.
Les candidats des séries générales ont planché sur « Notre avenir dépend-il de la technique ? » et « La vérité est-elle toujours convaincante ? » Ceux des séries techniques ont eu droit à « Sommes-nous libre en toutes circonstances ? » « Avons-nous besoin d’art ? » Notre corrigé, valable pour toutes les séries, est : « P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non… ».
Le niveau baisse
En 1809, à la première session de l’Histoire, les 39 candidats, tous issus de la haute bourgeoisie, avaient été rapidement interrogés sur des auteurs expliqués en classe. Taux de réussite : 100 % !
Actuellement, le niveau des élèves baisse et celui du bac aussi. Certes, le taux général de réussite au bac monte : de 90,9 % en 2023 à 91,4 % en 2024. Si à Saint Louis de Gonzague, où Brigitte Macron a enseigné, le taux de réussite n’est que de 99 %, à Stanislas et dans bien d’autres lycées parisiens ou de Neuilly sur Seine, il est de 100 %.
Même les lycées classés comme « mauvais » ont un taux de réussite non négligeable : 71,79 % en 2024 pour le lycée professionnel des Plaines du Nord (Grande-Synthe), 78,21 % pour Saint Louis de Marseille.
L’échec est repoussé en fin de licence
Saint-Louis-de-Gonzague, dit « Franklin », établissement catholique du 16e arrondissement de Paris, a reçu en 2024, le label « égalité filles-garçons », accordé par le ministère de l’éducation nationale. Ce même ministère ne lui a pas donné le label « égalité enfants de pauvres-enfants de riches), mais se permet d’affirmer sans vergogne : « Le baccalauréat est un examen qui est destiné à vous permettre de préparer votre réussite dans les études supérieures. » Faux ! L’échec est simplement repoussé : 70 % d’étudiants repartent au bout de trois années d’université sans diplôme de licence.
Les grandes écoles ont remplacé l’université
L’État ne puise plus dans l’Université pour choisir ses cadres. Des boîtes privées (l’École Alsacienne protestante, les jésuites de Saint-Louis de Gonzague) à l’ENA et HEC, après un passage par Sciences Po, le parcours des futurs soutiens de l’État est balisé. Léa Salamé, fille de banquier, Gabriel Attal, fils de producteur, Bruno Le Maire, fils d’un dirigeant de Total, sont passés par là. La licence ? cela va de soi. Le baccalauréat ? on n’en parle même pas !
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