Mini-essai : Mortalité et restriction des libertés

mise à jour le 27/07/21

Un peu de pragmatisme

Depuis 18 mois, on nous bassine avec le covid. Il a même changé de sexe. Signe des temps. On a entendu tout et son contraire. Saturées d’informations et d’opinions, nos têtes sont prises dans un étau et la vis peu à peu se resserre. La marche à suivre va vers la seule solution qu’on nous propose bien gentiment, puis impose moins gentiment : « la vaccination ».

Vaccin efficace à 95 % — vu à la télé. Si c’était vraiment le cas, pourquoi le non-vacciné mettrait-il en danger le vacciné ? Les « cas de covid » sont à la fois malades et sains, dangereux et inoffensifs. C’est le gouvernement du « à la fois », du « ni droite ni gauche ».

N’épiloguons par sur les invraisemblances du gouvernement, soyons pragmatiques à l’extrême, au risque de choquer. Parlons nombre de morts qui justifie une telle atteinte à nos libertés.

Depuis un an et demi, le covid a fait 111 000 morts en France. (Source au 5 juillet 2021).

On pourrait objecter que l’on meurt avec le covid et non du covid, que certains chiffres sont gonflés, d’autres minimisés. Gardons quand même ce chiffre comme base de raisonnement.

En France, le cancer cause 154 000 décès par an et les maladies cardiovasculaires 147 000 (source). Un total de 301 000 décès. On multiplie par 1,5 pour avoir la même échelle de temps que le covid : 451 500. Donc, ensemble, le cancer et les maladies cardiovasculaires tuent quatre fois plus que le covid. Et depuis des années. Où sont donc les mesures pour lutter contre cette apocalypse ?

On objectera que le covid aurait tué davantage sans distanciation sociale, masques et confinements. L’efficacité de ces mesures est débattue. Impossible d’avoir une certitude. On aurait du évaluer l’effet nocébo du décompte en temps réel pendant des mois du nombre de morts sur 99 % des médias français — façon téléthon de Halloween. On aurait pu le comparer à l’effet placebo, dont l’efficacité serait de 30 % (source). Il faudrait aussi calculer les effets de l’abandon et de l’isolement, particulièrement chez les personnes âgées. Il y a très longtemps, les écoliers calculait le temps de remplissage d’une baignoire trouée ou le temps mis par deux trains partant à des heures différentes pour se croiser. Enfin, à l’époque on réfléchissait. A présent, on se contente de gober comme un œuf les informations du jour.

Finalement, on me dira que ce sont deux choses différentes. Les maladies cardiovasculaires et le cancer ne sont pas contagieux : les malades ne mettent pas en danger la collectivité.

Liberté pour bonne conduite

Faisons un parallèle avec la conduite automobile. Quand je conduis, je mets en danger tous ceux qui sont assez imprudents pour être sur la même route que moi. Un accident est vite arrivé, ça c’est direct. Je peux aussi les tuer lentement, indirectement, par les rejets de NOx et de particules fines. Les 3000 morts sur la route en 2019 (source) sont peu nombreux comparés aux 40 000 à 100 000 morts dues à la pollution de l’air (source). Coupons la poire en deux : 70 000 décès seraient dus à la pollution en France chaque année. On y ajoute les bons vieux accidents de la route et ça nous fait 73 000 morts par an dus directement et indirectement aux véhicules. Multiplié par 1,5 pour comparer sur la même échelle de temps que le covid : 109 500 morts.

C’est kiff kiff bourrico comme on dit dans le domaine scientifique. Le mal est d’un niveau équivalent. Et le conducteur met bien en danger les autres. Même problème que pour le non-vacciné. Il faudrait développer de façon massive l’usage des transports en commun et des vélos. On veut des trams et du VTC. Quoi qu’il en coûte ! Paris nous montre l’exemple : pas plus de 30 km/h pour les automobilistes. Les trottinettes à 80 km/h devront être bridées !

Le conducteur est un citoyen de seconde zone, un criminel. Les chiffres le prouvent. La liberté au volant, les routes désertes, sans limitations de vitesse, c’est bon pour les publicités à la télé. Qu’attends donc le gouvernement pour obliger ce fou à passer au vélo qui est bien meilleur pour la santé de tous (et bien moins bon pour l’économie nationale)?!

Responsabilité et bien collectif

Dans le film I, Robot d’Alex Proyas, les robots se retournent contre les humains, leurs maîtres et créateurs, et les privent de liberté dans le but de sauver le plus d’entre eux. Ça évoque furieusement ce que l’on vit depuis un an et demi. Nous avons élu des représentants, ils nous servent et non l’inverse.

La liberté impose la responsabilité. Je suis libre d’agir et je suis donc responsable de mes actes et de leurs conséquences. Sur moi-même et sur autrui. L’absence de liberté entraine la déresponsabilisation et l’obéissance aveugle à l’autorité. Légalement, un enfant ne peut prendre certaines décisions seul. Par exemple se faire tatouer. L’enfant est estimé trop immature. Il a besoin de l’accord parental. Quand le gouvernement impose la vaccination à une catégorie sociale de la population, il agit de la même manière. Il la déresponsabilise. Il se pose en parent et décide à la place du citoyen jugé trop immature pour prendre la bonne décision pour lui-même et le bien collectif.

L’éducation et la responsabilisation valent pourtant mieux que la coercition. Mais notre parent autoritaire marche à la punition. Une éducation du siècle dernier.

Thomas pour Le Media en 4-4-2

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