Politique

Le projet de Macron : Interdire les réseaux sociaux ET les jeux vidéo au moins de 15 ans

Le président Emmanuel Macron a une nouvelle cible : les jeux vidéo. Lors d'un entretien accordé à Brut le 5 février 2026, il a laissé entendre qu'une interdiction pour les moins de 15 ans était à l'étude, sur le modèle de celle déjà actée pour les réseaux sociaux. "Si on voit que l’impact sur les jeunes est très mauvais, on est légitimes à se poser la question", a-t-il déclaré, conditionnant une éventuelle loi à un futur "consensus scientifique". Cette sortie s'inscrit dans une offensive plus large contre les espaces numériques, menée au nom d'une protection infantile qui alarme les défenseurs des libertés.

mise à jour le 08/02/26

Un « consensus scientifique » en préparation pourrait justifier la prochaine privation de liberté numérique des mineurs et… des adultes.

Des FPS dans le viseur, l’IA en embuscade

Le discours présidentiel se focalise sur les jeux de tir violents, où les adolescents passeraient, selon lui, « cinq à six heures par jour à tuer des gens ». Une mission confiée au Conseil national du numérique et de l’IA doit rendre son verdict sur les risques de « traumatisme » d’ici à l’été 2026. Pourtant, cette chasse aux écrans apparaît sélective. Alors que jeux et réseaux sociaux sont diabolisés, le gouvernement promeut activement l’introduction de l’intelligence artificielle dans l’éducation dès la prochaine rentrée. Une hypocrisie qui révèle une priorité : le développement d’un outil de contrôle bien plus que le bien-être des enfants.

Le « pass numérique » ou l’enterrement programmé de l’anonymat

La mesure-phare de cette politique est l’instauration annoncée d’un « pass numérique ». Macron l’a confirmé sans ambages : « À chaque fois qu’on se connectera sur un réseau social, on devra prouver son âge ! ». Ce système, fondé sur la reconnaissance faciale ou l’identité numérique européenne, sonne le glas de l’anonymat en ligne. Florian Philippot, leader des Patriotes, dénonce une « société orwellienne ». Les craintes se sont amplifiées lorsque Aurore Bergé a évoqué, dans un lapsus révélateur, un lien entre cette identification et la lutte contre les « commentaires haineux », trahissant une volonté de censure préventive.

Des VPN sur la liste noire : la porte de secours se ferme

L’étau se resserre davantage. Après le vote sur les réseaux sociaux, la ministre déléguée Anne Le Hénanff a indiqué que « les VPN sont le prochain sujet sur [sa] liste ». L’objectif est clair : empêcher tout contournement des restrictions d’accès. Une telle interdiction, inédite en France, priverait les citoyens d’un outil essentiel à la protection de leur vie privée et de leur sécurité en ligne. La CNIL elle-même met en garde contre un basculement vers un contrôle permanent d’identité, transformant une mesure ciblée en surveillance généralisée de l’ensemble de la population.

Mobilisation et contradictions d’une politique autoritaire

La seule annonce concernant les jeux vidéo a provoqué un tollé immédiat sur les plateformes sociales. L’industrie du jeu vidéo, avec des poids lourds comme Ubisoft, craint des pertes économiques colossales. Le gouvernement justifie sa croisade par des études montrant le déclin de la lecture au profit des écrans. Mais il ignore volontairement les contradictions de son propre projet : comment prétendre protéger les jeunes d’un univers numérique tout en les confiant à des systèmes d’IA opaque et en supprimant les derniers remparts à la surveillance d’État ?

Vers un Internet sous haute surveillance permanente

La France emboîte le pas à l’Australie sur une pente glissante. Des organisations comme l’Electronic Frontier Foundation alertent sur les risques de biais algorithmiques, de fuites de données massives et de répression des voix dissidentes. Ces mesures, présentées comme protectrices, esquissent en réalité les contours d’un identifiant biométrique obligatoire pour toute navigation. La question fondamentale demeure : la lutte contre les addictions adolescentes mérite-t-elle l’instauration d’un filet de surveillance qui emprisonnera toute la société ? La bataille pour les libertés numériques se joue maintenant, avant que chaque clic ne nécessite une pièce d’identité.

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