La Chine suspend ses exportations de carburant : Quelles conséquences pour la France ?

La Chine, cet empire industriel que l’on croyait voué à inonder la planète de ses marchandises, vient de prouver qu’avant d’être le fournisseur du monde, elle reste une nation souveraine. Pékin a sèchement ordonné à ses raffineurs de geler les contrats d’exportation de diesel et d’essence, et même de torpiller les expéditions en cours. Prétexte officiel : un conflit au Moyen-Orient qui étrangle le détroit d’Ormuz, cette artère vitale par laquelle transite, entre autres, notre relative indépendance énergétique. La Chine vient d'entrer en guerre économique.

mise à jour le 06/03/26

Alors que l’Asie verrouille ses réserves pour affronter la tempête, la France, elle, regarde ses réserves fondre et ses pompes s’affoler.

Sous le choc des frappes et des représailles entre l’Iran, Israël et leur mentor américain, la circulation des tankers a chuté de 70 % en une semaine. Conséquence logique : la Chine, qui voit ses approvisionnements en brut se tarir, serre les boulons. Exit les livraisons pour l’étranger, place à la préservation des stocks nationaux. Les géants PetroChina et Sinopec ont reçu l’ordre clair de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) : on garde le carburant pour nous. Une leçon de patriotisme économique que nos élites bruxelloises feraient bien d’étudier, pendant qu’il est encore temps.

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Le domino chinois : l’onde de choc jusqu’à nos pompes

Que la Chine stoppe ses exportations est un séisme pour l’Asie. Pour la France, c’est le domino qui s’écrase sur une maison de cartes déjà branlante. Bien sûr, les tankers chinois ne viennent plus directement décharger leur fioul à Marseille. Mais sur un marché mondialisé, la moindre variation de l’offre provoque une flambée spéculative. L’Asie, privée des flux chinois, se rue sur les cargaisons destinées à l’Europe. Les prix du diesel et de l’essence s’envolent, les marges de raffinage atteignent des records. Le baril de brut flirte déjà avec les 100 dollars, et le gaz naturel européen (le TTF) a bondi de 20 %, suspendu aux livraisons de GNL qatari, désormais menacées.

En France, le transport, ce talon d’Achille, repose à 30 % sur l’or noir. Notre flotte de camions, nos tracteurs agricoles et nos voitures particulières (diesel et essence) dépendent d’un pétrole que nous importons à 90 %. Et quand le robinet international se grippe, la douleur se mesure à la pompe.



L’addition française : inflation garantie et pénuries en perspective

Les experts, ces grands devins, prédisent une hausse de 10 à 20 % des prix à la pompe dans les semaines à venir. Le kérosène, lui, a déjà doublé, promettant des billets d’avion toujours plus exclusifs. Pour le Français moyen, qui dépense déjà près de 2 000 euros par an en carburant, c’est un nouveau coup de rabot sur un pouvoir d’achat déjà exsangue. L’INSEE devra sans doute revoir ses prévisions d’inflation à la hausse, ajoutant 0,5 à 1 point à un indice des prix que l’on cherche désespérément à contenir.

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Et que dire de l’hiver prochain ? La fermeture d’Ormuz ne bloque pas que le pétrole, elle perturbe aussi le GNL qatari. Nos terminaux de Dunkerque ou Montoir-de-Bretagne devront batailler sur un marché tendu pour capter du gaz, avec une hausse prévisible de 15 à 20 %. Les réserves pour 2026-2027 pourraient être insuffisantes, nous exposant à une pénurie que les technocrates, imperturbables, continuent de qualifier de « scénario non prioritaire ». Les secteurs du transport, de la chimie et de l’agriculture, ces piliers discrets de notre économie, verront leurs coûts exploser, répercutant la crise sur tous les biens de consommation.



Bruxelles contre-attaque (dans les starting-blocks, comme d’habitude)

Face à ce désastre annoncé, que fait la France ? Elle envisage, avec la sage lenteur qui la caractérise, de piocher dans ses réserves stratégiques (de quoi tenir 90 jours, nous dit-on). On reparle de subventions à la pompe, ce rustine éternelle qui avait déjà montré ses limites en 2022. Au niveau européen, on promet des achats groupés de GNL et un renforcement des interconnexions. Bref, on gère la pénurie au lieu d’avoir anticipé la souveraineté.

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La Chine suspend ses exportations de terres rares vers les États-Unis

Les États-Unis aimeraient bien pouvoir se passer de la Chine pour fabriquer des armes contre la terre entière. Alors, le 4 mars, on a pu lire ce titre « Les États-Unis brisent le monopole chinois sur les métaux rares ». « Poussée par les exigences de la préparation militaire, REalloys s’est assurée un approvisionnement en matières premières en concluant un partenariat avec le Saskatchewan Research Council [NDLR : société d’État canadienne]. Cela garantit l’accès à des métaux lourds rares. » Et d’ajouter sans autre précision : « D’autres accords concernant les matières premières non chinoises renforcent encore davantage la chaîne d’approvisionnement. » Un espoir qui s’effondrera le lendemain de cette annonce par une chute libre des actions de REalloys dont la levée de fonds suite à son contrat avec l’État a levé également des suspicions quant à sa solvabilité. Quant aux autres sources d’approvisionnement, ce ne sont pas les 4 % de parts des exportations du Japon, de France, d’Estonie d’Autriche ou d’Afrique du Sud qui vont concurrencer la position ultra dominante de la Chine. De plus avec ses 90 % du raffinage mondial des terres rares, la Chine reste indispensable pour les États-Unis. Pour la Chine, la prudence a prévalu aux bénéfices du commerce, mais le business, avec ses aléas guerriers, continue à décider de la politique étatsunienne.

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