Société

« J’ai été poignardé » : Perpétuité pour Vickrum Digwa, mais la douleur de la famille Nowak, elle, est éternelle

La Couronne de Southampton a scellé hier le destin de Vickrum Digwa. À 23 ans, l’homme écope de la réclusion à perpétuité pour le meurtre d’Henry Nowak, 18 ans, étudiant en finance. La juge William Mousley KC a fixé la peine de sûreté minimale à 20 ans et 190 jours, soit une incarcération effective d’au moins 21 ans. Sans détour, elle a qualifié les allégations raciales proférées par Digwa contre sa victime agonisante de « mensonge diabolique », soulignant leur rôle dans l’obstruction de l’enquête et l’exacerbation des tensions communautaires à travers le pays.

mise à jour le 03/06/26

La police a menotté la victime, le meurtrier a menti : l’affaire qui expose les fractures du Royaume-Uni.

Une nuit de décembre et cinq coups de dague

Le 3 décembre 2025, Henry Nowak, étudiant britannique-polonais, rentrait vers sa résidence universitaire quand Vickrum Digwa, arme au clair, l’a poignardé à cinq reprises avec une dague sikhe cérémonielle de 21 cm. Au lieu de secourir la victime, Digwa a inventé de toutes pièces une agression raciste : Henry Nowak l’aurait insulté et fait tomber son turban. Les policiers, arrivés sur place, ont cru le bourreau. Menotté, Henry Nowak, à terre, répétait « I’ve been stabbed » et « I can’t breathe » (« J’ai été poignardé, je n’arrive pas à respirer »). Les secours n’ont été déclenchés qu’après sa perte de connaissance. Trop tard.

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Des circonstances aggravantes accablantes

La juge Mousley a retenu plusieurs facteurs aggravants : les mensonges obstinés de Digwa, y compris en détention, le fait d’avoir filmé l’agonie de sa victime, d’avoir dissimulé l’arme par l’intermédiaire de sa mère, et d’avoir détourné le privilège religieux lié au port de la lame. « Ces actes ont attisé les tensions raciales et jeté l’opprobre sur la communauté sikhe », a-t-elle martelé, rappelant que des Sikhs innocents craignent désormais pour leur sécurité.

La famille Nowak : une douleur sans fin

Dehors, la famille d’Henry Nowak a exprimé une souffrance sans nom. « Mon fils n’est pas mort avec dignité », a lancé Mark Nowak, le père, dénonçant un traitement « inhumain et dégradant » de la part des forces de l’ordre. « C’est une perpétuité pour nous aussi », a-t-il ajouté, exigeant que la criminalité au couteau soit traitée comme « une urgence nationale ». Olivia, sa sœur, a perdu « son meilleur ami », tandis que Lucy Ross, sa mère, a évoqué « une douleur au-delà de tout ce que je connaissais ». Malgré leur gratitude envers les enquêteurs, la famille réclame une enquête « complète, intrépide et transparente » de l’IOPC sur l’intervention policière.

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La police s’excuse, l’enquête suit son cours

La police du Hampshire et de l’île de Wight a présenté des excuses officielles. Robert France, Temporary Deputy Chief Constable, a reconnu que les agents n’avaient pas saisi la gravité des blessures et que Henry Nowak avait été menotté à tort. Le dossier a été transmis dès le lendemain à l’Independent Office for Police Conduct (IOPC), qui examine l’usage des menottes et les premiers secours. Donna Jones, Police and Crime Commissioner, a qualifié la mort d’Henry de « tragédie nationale » et annoncé qu’elle interviendrait auprès du Premier ministre pour une révision des exemptions religieuses concernant le port d’armes blanches.

La communauté sikhe en première ligne

La Sikh Federation a dénoncé l’amalgame entre la dague utilisée et le kirpan traditionnel. Des pétitions et des appels sur les réseaux sociaux réclament plus de transparence sur les caméras embarquées et une meilleure prévention de la criminalité au couteau. Pour beaucoup, ce drame illustre les dangers d’une priorité accordée aux apparences raciales plutôt qu’aux faits et à la vie d’une victime.

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Un débat national relancé

L’affaire, déjà explosive, a pris une dimension politique avec le verdict. Elle ravivé les questions sur la « police à deux vitesses », la crainte des accusations de racisme influençant les interventions, et la lutte contre la violence au couteau. Keir Starmer, Premier ministre, a qualifié les faits d’« affreux et choquants » sur X, appelant à briser « le cycle de tragédies ». Robert Jenrick (Reform UK) a fustigé « le silence du gouvernement » et exigé des réponses sur la formation des policiers face aux allégations raciales.

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