Le président de l’organisation humanitaire Latet, Gilles Darmon, était récemment invité sur I24news pour présenter le rapport annuel sur l’état de la pauvreté en Israël. Ce document, publié pour la 22ᵉ année consécutive, dresse un tableau alarmant de la situation sociale du pays, exacerbée par les conséquences d’un conflit prolongé.
Une pauvreté galopante : des chiffres qui interpellent
Selon le rapport, près de 2,75 millions de personnes, soit plus d’un quart de la population israélienne, vivent en situation de pauvreté. Parmi elles, 1,24 million d’enfants. À cela s’ajoutent 325 000 familles confrontées à une insécurité alimentaire sévère, impactant gravement 627 000 enfants. « Ces chiffres traduisent un désastre social sans précédent », a déclaré Gilles Darmon.
« Un chiffre à retenir : 2.750.000 personnes en situation de pauvreté en Israël, c’est énorme pour une population de dix millions d’habitants. On est dans une espèce de ‘tsunami social’ pour les familles nécessiteuses en Israël »
Gilles Darmon, président de Latet pic.twitter.com/L3brzGE0sR
— i24NEWS Français (@i24NEWS_FR) December 16, 2024
Une guerre qui amplifie la crise sociale
Après plus de 14 mois de conflit, les populations les plus vulnérables paient un lourd tribut. 44 % des enfants des familles soutenues par Latet déclarent que la guerre a affecté leurs résultats scolaires, contre seulement 14 % dans la population générale. En matière de santé mentale, 46 % des enfants issus de familles nécessiteuses signalent une dégradation importante de leur état psychologique, un chiffre également trois fois supérieur à la moyenne nationale.
Une politique économique préoccupante
À la crise humanitaire s’ajoute une pression économique accrue : des augmentations imminentes des taxes locales, des tarifs de l’eau, de l’électricité, des transports, et une inflation prévue à 2,8 %. Dans ce contexte, Gilles Darmon parle d’un véritable « tsunami social », pointant du doigt un gouvernement qui, selon lui, néglige la dimension sociale de la crise.
« Nous entrons dans une économie de guerre », avertit-il. Le projet de budget 2025 prévoit des coupes transversales dans les dépenses sociales, alors que les besoins explosent. Pour Darmon, une « victoire militaire ne servirait à rien si elle s’installe dans un champ de ruines sociales ».
Le rôle limité des organisations humanitaires
Depuis le début du conflit, les ONG comme Latet ont injecté près d’un milliard de shekels pour répondre à l’urgence sociale. Mais cette somme reste marginale face à l’ampleur des besoins. « Nous ne pouvons compenser seuls les effets des coupes budgétaires. La philanthropie, bien que cruciale, ne représente qu’une goutte d’eau face aux moyens de l’État », souligne le président de Latet.
Une menace existentielle pour Israël
Gilles Darmon insiste sur l’urgence d’un rééquilibrage budgétaire en faveur des dépenses sociales. « La pauvreté en Israël n’est pas qu’un problème économique : c’est une menace stratégique pour l’avenir du pays, tout aussi sérieuse que les défis militaires. »
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