Etats-Unis : les drogues font plus de morts par overdose que le Covid-19

Santé

mise à jour le 11/03/21

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Houtzdale (Etats-Unis) – « Les drogues sont partout dans la région (…) mais ils ne pensent qu’au Covid » : Beverly Veres, mère de deux fils accros à l’héroïne, est désespérée de voir les services de santé monopolisés par la pandémie, alors que les Etats-Unis font face à une nouvelle flambée d’overdoses.

Leurs deux fils plongent dans l’héroïne à l’été 2020

Beverly, son mari Steve, et leurs fils Douglas, 24 ans, et Charles, 29 ans, habitent une petite maison à Houtzdale, village du comté rural de Clearfield, loin des centres urbains de Pittsburgh et Philadelphie.

Dans ce comté tapissé de forêts, aux nombreuses maisons isolées, le coronavirus a fait officiellement 114 morts en un an. Mais il est beaucoup moins visible qu’en ville : Steve et Beverly disent n’avoir été qu’une fois en contact avec une personne ayant contracté le virus, contre « une douzaine d’interactions » avec des gens ayant des problèmes de drogue.

Et après avoir vu leurs deux fils plonger dans l’héroïne à l’été 2020, ils sont convaincus que la pandémie a exacerbé les ravages des drogues dans leur région.

Les chiffres de morts par overdose pour 2020 sont encore partiels mais, avec 19 décès déjà comptabilisés dans le comté, ils sont déjà supérieurs aux totaux de 2018 ou 2019.

Descente aux enfers

La même tendance se dessine pour l’ensemble des Etats-Unis : les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) estiment que le nombre de morts par overdose — essentiellement dues aux drogues opiacées qui ont inondé les Etats-Unis ces dernières années — a augmenté de presque 25 % entre juillet 2019 et juillet 2020. 

Selon Beverly, leur cadet Douglas avait depuis longtemps un problème de dépendance aux médicaments opiacés, mais « arrivait à fonctionner ». Jusqu’à ce qu’il bascule, d’abord dans les méthamphétamines, puis, en juillet dernier, dans l’héroïne, véritable « descente aux enfers ».

Incarcéré début 2020 pour conduite sous emprise de stupéfiants, il n’a reçu aucun traitement anti-addiction en prison pour cause de Covid, dit Beverly.

La cure de désintoxication qu’il a tentée après sa sortie n’a pas marché, en partie, selon elle, parce que visites et séances de thérapie familiale avaient été supprimées, également pour cause de pandémie.

« Je crois que, si on avait pu lui rendre visite pendant son séjour, (…) si on avait pu avoir une forme de thérapie familiale, on aurait pu l’aider », affirme cette comptable de 49 ans.  

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