Élisabeth Lévy : « L’obligation vaccinale serait conforme à l’intérêt général, mais aussi à la volonté majoritaire. »

Santé

mise à jour le 01/07/21

Elisabeth Lévy sur Sud Radio

Au cœur des débats ces derniers jours, vient l’obligation vaccinale des soignants. Olivier Véran concède ne pas y être opposé, si besoin est. Mais pourquoi tant de pincettes à l’idée de contraindre la population à se faire vacciner, tandis qu’il n’y a pas eu d’atermoiements au moment de confiner ?

Olivier Véran veut rendre la vaccination des soignants obligatoire…

«… si on n’atteint pas un niveau suffisant en septembre. Aujourd’hui, 57 % des personnels des Ehpad et 64 % des personnels hospitaliers sont vaccinés. Des modèles d’altruisme, vous dit-on. Pourtant, que les personnels au contact des malades et des personnes fragiles soient vaccinés relève du bon sens. Plus largement, il n’y a pas assez de Français vaccinés pour atteindre l’immunité collective. Le gouvernement veut aller chercher les récalcitrants et les oubliés. Des médecins de ville demandent la liste de leurs patients non-vaccinés, mais attendent l’autorisation de la CNIL. « Ils l’auront », selon Véran. Apparemment, l’indépendance des autorités administratives indépendantes peut s’incliner devant l’intérêt général. Tant mieux. »

Donc, que dire des choix du gouvernement ?

« Que justement, il ne choisit pas. Nous sommes dans la politique chèvre-et-chou, qui nécessite de nouvelles usines à gaz (quand on n’est pas fichus d’envoyer des courriers à l’ancienne). 

Ce refus de l’obligation vaccinale des adultes est étrange. Même le Conseil d’État et la Cour européenne des droits de l’Homme estiment que la restriction de liberté est proportionnée. Aux oubliettes le fantasme sur le biopouvoir et l’intégrité des corps. En revanche, le confinement a affecté nos corps et nos esprits (en témoigne cette étude qui montre l’impact intellectuel sur les enfants) et a largement piétiné nos libertés fondamentales.  

Si le vaccin n’est pas obligatoire, il n’y aurait aucune raison de balancer aux médecins. Et après, on préviendra l’employeur qu’untel a séché son cours de pilates ?

Cependant demeure un mystère : pourquoi une telle indulgence générale pour les antivaccins ? On impose la filiation sans père à toute la société, mais eux, il est interdit de les bousculer. Le gouvernement les câline, les médias les dorlotent. Il faut respecter leur point de vue. Pourquoi ? parce qu’ils se soucient exclusivement de leur intérêt supposé ? qu’ils croient lutter contre on ne sait quel système ? 

Le contrat social suppose certaines contraintes. L’obligation vaccinale serait conforme non seulement à l’intérêt général, mais aussi à la volonté majoritaire.

Or le gouvernement se perd en atermoiements face à une minorité : il veut acheter les jeunes avec des places de ciné et les soignants avec la culpabilisation morale – “c’est de votre faute  si des gens meurent” – et la loi facultative – “allez-y de votre plein gré ou on vous obligera”. Qu’on les y oblige et tout de suite ! Si l’autorité ne peut pas convaincre, elle doit pouvoir contraindre. »

Élisabeth Lévy souhaite donc une chasse aux sorcières contre ceux qui ne veulent pas se faire vacciner et servir de cobayes aux lobbys, cherchant à la justifier en faisant une « illusion de corrélation » qui consiste à percevoir une relation entre deux événements non reliés (filiation sans père et obligation vaccinale) ou encore à exagérer une relation qui est faible en réalité (parler des études récentes qui montrent les effets néfastes du confinement pour justifier l’obligation de vaccination). 

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