Effet Covid-19 : après le suicide d’un maraîcher qui a tout perdu, un café ouvre suite à l’enterrement, la gendarmerie débarque

Pour les gens du peuple, la loi est la loi, il n’existe pas de passe-droit, contrairement à « l’élite » de notre pays. Des villageois s’en sont rendu compte lors d’obsèques en Bretagne.

L’écrivain, cinéaste et pamphlétaire Alexandre Jardin, nous rapporte sur sa page Facebook le récit d’un ami bouleversé.

Vendredi dernier à côté de Rennes, dans un village, un homme a été enterré dans l’émotion générale. Maraîcher, il ne parvenait plus à vendre à la clientèle de sa boutique fermée par l’État. Ruiné, il sentait son couple fragilisé. Il se pend…
En sortant du cimetière, le maire fait ouvrir le café en face car il fait froid. Besoin général de fraternité. Les gens ont des masques. L’émotion est palpable.
Six voitures de gendarmerie déboulent et parlent mal aux gens. Quelqu’un a dû dénoncer. Six véhicules en mission pour mater le village en désarroi.
Choqué, l’élu demande un peu de tenue devant les enfants orphelins de père, vu les circonstances. Le gendarme aboie, traite sans déférence l’élu du peuple, fait relever l’identité des citoyens présents. Tout sera envoyé au procureur. On traite les villageois en état de choc comme des gangsters, à la sortie d’un enterrement.
Scène ordinaire extraordinaire dans un pays en perte de repères. Comme si le sacré n’existait plus. Comme si l’élu ne représentait plus le peuple. Comme si les valeurs de notre République ne comptaient plus.
Mon ami termine son histoire la gorge serrée, ne sait pas quoi faire de sa colère. C’est son village.
Notre humanité en est blessée. Ça n’a pas de sens. On ne peut pas accepter ça.
(Par respect pour le choix du maire de ne pas exposer publiquement sa commune, je n’indique pas leur nom. Nombre de maires craignent d’affronter frontalement leur préfet et ne veulent pas d’histoires. Il m’a cependant semblé important de rapporter les faits relatés par mon ami choqué. L’écho inattendu de ce post indique sa portée symbolique qui, d’évidence, va bien au-delà de ce village)

On traite des villageois en état de choc comme des gangsters juste à la sortie d’un enterrement. Une scène ordinaire, extraordinaire dans un pays en manque de repères.