Dr Gérald Kierzek : « Reconfiner , ce n’est absolument pas la solution »

Santé

mise à jour le 17/03/21

Dr Gérald Kierzek

L’exécutif n’exclut pas de recourir dans les prochaines semaines à un confinement pour enrayer la montée épidémique en Île-de-France. Une solution que le médecin urgentiste Gérald Kierzek considère comme « disproportionnée » et « inefficace ».

Assiste-t-on à une flambée de l’épidémie en France ?

Il n’y a pas de flambée épidémique et beaucoup d’indicateurs baissent. Le taux d’incidence est haut, mais pas forcément à la hausse, sauf dans quelques départements. Il a d’ailleurs nettement baissé dans plusieurs régions (Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine). 

Le nœud du problème se situe surtout au niveau des services de réanimation, notamment en Île-de-France, et de leurs capacités. Chaque jour, entre les entrées et les  sorties, il y a embouteillage pour une cinquantaine de patients. De nombreux services arrivent à saturation, notamment car il n’y a pas d’aval (manque de lits de non-réanimation) et parce que les patients de réa ont une durée de séjour importante. Cela signifie qu’il existe un vrai problème de sous-capacité de lits de réanimation ainsi que hors réa. Parfois des malades restent en réa, quand bien même ils n’ont plus besoin d’assistance respiratoire.

Le confinement est-il la solution ? 

Il n’y a pas de flambée de l’épidémie donc le confinement n’est absolument pas la solution, y compris en Île-de-France. Lorsqu’une explosion survient avec une circulation virale extrêmement importante, la question peut se poser. Mais actuellement, il s’agit surtout d’un problème de « nombre de malades » en réanimation. Le diagnostic – un problème sur les réas – est bon, mais le traitement n’est certainement pas le confinement. Cela serait disproportionné et sans doute inefficace. Il n’y a pas d’épidémie à confiner mais des services de réanimation à vider. Le confinement produit, en plus, un risque supplémentaire : lorsque l’on confine les gens en lieu clos, on augmente le risque de contamination.

Quelles solutions seraient alors plus adaptées ?

L’une des solutions serait d’avoir davantage de lits réa et de lits conventionnels. Ils permettraient de relâcher, de facto, la pression sur ceux dans les réanimations puisque des malades peuvent être mis ailleurs.

Le véritable problème c’est qu’un an après le début de la crise, nous ayons toujours la même capacité d’hospitalisation. Si elle avait été augmentée, il serait plus facile d’absorber le flux entrant de patients. Malheureusement, il n’y a pas de volonté de créer de nouveaux lits pérennes et de reconnaître une sous-capacité structurelle. Cent lits de réa pour toute la Seine-Saint-Denis sont insuffisants pour un territoire de 1,6 million d’habitants !

Le Dr Gérald Kierzek était invité sur le plateau de LCI

« Le taux d’incidence est largement surestimé, puisqu’il est très probable qu’il y ait des doublons, c’est-à-dire que les gens qui font le test antigénique en pharmacie, ils sont remontés dans la base des tests positifs, et puis après ils vont au laboratoire et ils sont remontés une deuxième fois. Donc là aussi le taux d’incidence, faut faire attention, il est directement lié au nombre de tests qu’on fait. »

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