Crise des urgences à l’hôpital : pour le ministre de la Santé, les vacances seront un test… bonne chance à tous !

Économie, Santé

mise à jour le 09/07/22

Les chefs des services d’urgences du Vaucluse démissionnent tous, la grève est illimitée. Le nouveau ministre de la Santé, François Braun, semble un peu dépassé. Sa mission Flash n’a servi qu’à cacher les problèmes pendant la période électorale. À présent, ils éclatent au grand jour. Mais loin de se décourager, le ministre évaluera l’efficacité de la « mission Flash » pendant les trois mois d’été. Un test grandeur nature sur les familles françaises avec un programme pas du tout rassurant :

Solution magique : le numéro Vert !

Selon les conclusions de la mission Flash menée par le Dr François Braun, ministre de la Santé, il faudra mettre en place une campagne de communication pour dire aux Français d’appeler le 15, le Samu, avant éventuellement de se déplacer. Le rapport prévoit d’augmenter les embauches des personnes qui reçoivent ces appels. Quelle dépense ! Le ministre a heureusement trouvé l’astuce pour que cela ne coûte rien en confiant à Doctolib la prise de rendez-vous aux urgences. Pas de contact humain avec cette plateforme, donc pas d’embauche de personnel supplémentaire. Un génie, ce ministre ! Dommage qu’il n’ait pas tenu compte de la réalité : « Le SAMU 31 reçoit près de mille appels par jour. Un chiffre en hausse de vingt pour cent sur un an », explique le chef de service du SAMU 31 Vincent Bounes, sur France Bleu Occitanie. « Pour certains patients, le délai peut atteindre plusieurs dizaines de minutes, ce qui est parfois très long quand on a un patient dans une ambulance qui n’est pas toujours dans un état optimal. Clairement, à l’heure actuelle, rallonger ces délais, c’est jamais bon pour les patients. »

Manque de personnel, on se demande bien pourquoi

Si les services d’urgence sont parfois obligés de fermer, c’est parce qu’il manque des médecins, des infirmiers, des aides-soignants. Le ministre en est conscient, la priorité, c’est aussi de recruter du personnel : « On va essayer, pendant ces trois mois d’été, d’éviter que d’autres personnels soignants continuent à partir. » Pas question de recruter, mais juste d’éviter des départs ! Mais ne va-t-il pas lui-même contribuer à les faire partir ? Comme il n’est pas question de réintégrer les soignants non-vaccinés suspendus, logiquement ceux arrivés au bout du délai pour la énième dose devraient aussi être suspendus.

Et c’est reparti pour des vacances avec masque, gel, etc.

L’appel aux urgences est l’effet de la peur, alors pourquoi ne pas aborder ces vacances avec une bonne vieille panique made in McKinsey, histoire de bien bloquer les services ? « Nous sommes à la septième vague actuellement, il y en aura une huitième, il y en aura probablement une neuvième. […] Il faut qu’on apprenne à vivre avec ce virus: c’est reprendre les bons gestes, c’est le lavage des mains, le gel hydroalcoolique, le port du masque quand on est dans des lieux bondés. Je demande aux Français pour ce jour de grand départ en vacances de mettre le masque dans les trains, dans les bus, dans tous les endroits où on est un peu les uns sur les autres », a déclaré le ministre de la Santé.

Le ministre fait vraiment tout ce qu’il peut, les vacances seront un test…

« Toutes les mesures s’accompagnent d’une évaluation de leur efficacité pendant les trois mois d’été. Si elles fonctionnent, si ça marche, on les prolongera », assure François Braun. « C’est impossible de dire qu’il n’y aura pas de drames. Il y en a même quand les services d’urgences sont ouverts, malheureusement. Mais en tout cas, nous faisons tout ce qu’il faut [NDLR : sic !] » La roulette russe a été utilisée pour les injections — et avec quel succès puisque le ministre prévoit carrément une neuvième vague !  — alors, soyons joueurs, pourquoi ne pas tenter le coup pour les urgences ? On ne sait jamais, ça peut marcher… ou pas.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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